ACTE U, SCÈNE XVI
de m’y méprendre ? Comme si moi-même je ne les avais pas vus détaler !
DONA FRANCISCO
Et c’étaient bien eux?
RITA
Oui, mademoiselle, l’un et l’autre.
DOSA FRANCISCA
Mais sont-ils sortis de la ville? .
RITA
Je ne les ai point quittés du regard avant qu’ils eussent franchi la porte des Martyrs , qui se trouve à trois pas d’ici.
DONA FRANCISCA
Et c’est la route de l’ Aragon?
RITA
C’est le chemin direct.
' • DUNA FRANCISCA
Quelle trahison ! Le perfide !
RITA
Mademoiselle !...
DONA FRANCISCA
En quoi t’avait donc offensé la malheureuse Paquita?...
R1TÀ.
Je suis toute tremblante... Mais voyous. i. Oh! c’est à n’y rien comprendre. Impossible de deviner les causes de ce coup de tête !
DONA FRANCISCA
Hélas! ne l’aimaisr-je donc pas plus que ma vie? Ne m’a-Wil pas vue folle d’amour? - .
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LE OUI DES JEUNES FILLES
RITA. ‘ '
Je ne sais que dire en présence d’une action si noire.
lïONA FhANCISCA.
Et que dirais-tu, après tout?.,. Qu’il ne m’a jamais payée de retour, et qu’il est un vil imposteur. Voilà donc le but de cette noble expédition ! Me tromper et m’abandonner ainsi !
-JIITA. *
Trouver un autre motif à toute cette conduite me semblerait bien ihflicile. .'. Voyons! De la jalousie ? Et sur quoi reposerait-elle? D’ailleurs la jalousie ne fait qu’attiser l’amour. Puis don Félix n’est, pas un poltron, et personne n’admettra l’idée qu’il ait reculé devant son rival,
DUNA FUVNCISCA.
Tu te creuses en vain Uesprit. . . Dis plutôt que don Félix est un homme sans /cœur, un tigre sans pitié; dis cela, et tu auras tout dit.
Il faut nous retirer. On n’aurait qu’à venir, et alors.., .
DON A FHANCISCA.
Oui, rentrons... rentrons pleurer! Juste ciel! dans quelle situation il me laisse!... .Mais vit-on jamais traître pareil?
RITA
Oh! mademoiselle, maintenant il est jugé.
DONA FRANCISCA
Ah! don Félix, vous êtes habile dans Fart de