‹ Théâtre espagnolChapitre 388 sur 405 · ACTE Hl; SCÈNE VH · texte numérisé non relu

ACTE Hl; SCÈNE VH

l’air sî abattu, ai éploré, si inquiet... Voyons! Que vous arrive-t-il, Paquita? Ne savez-vous point qiie je vous aime tendrement?

DONA FRAMCISCA.

Certes , je le sais.

DOM DfÈCUK.

Mais alors pourquoi ne pas me montrer plus de eontianeç? Croyez-vous que je ne m'estimerais point heureux , s’il s’agissait de Vous servir?

. DONA FHAMC1SCA.

Üh ! j’en suis persuadée.

DOS DIÈGl'E.

Eh bien , puisque vous avez un ami si près de vous , pourquoi ne pas lui ouvrir votre cœur ?.

DOSA FRAMCISCA. -

C’est cette amitié même qui me condamne au silence.

DOM DIÈGL’E.

Ces paroles pourraient vonloir dire que c’est moi qui Suis la cause de vos tourments.

ik>na fbasusca.

Détrompez-vous , monsieur! Ce n’est pas vous qui m’avez offensée en rien ; non , Ce n’est pas de vous, don DLègue, que j’ai sujet de me plaindre.

DOM DIÈGL’E.

Mais en ce cas de qui vous plaignez-vous , mon enfant ? Allons ! venez ici , et une fois du moins parlons sans Fard et sans détours. Et d’abord n’estil pas vrai que vous considérez avec une certaine

OOî LE OU DES FILLES.

répugnances je mariage .qui se prépare ?. Qui ! gageons que si on vous laissait librement choisir, vous prendriez tout autre époux que don Diègue ?

DOSA MLANCJ8ÇA.

je n’en prendrais auetib.

DON DIÈGL'E.

Est-il possible1 que vous ne, connaissiez pas quelque jeune cavalier sachant mieux que moi vous plaire, sachant bien vous aimer, et se montrer digne enfin de tant de charmes? a . ,* '

DOSA FHANCISCA. ;

Non, monsieur, jch’en connais point.

DO^ DIÈCCE. /' ■ .r ‘ :"’.'

< Mi ! cherchez , Paqiiita ! *

DON A FRANCISCA

/ Dois-je vous répéter que non? • . „

DUS DIÈGL'E.

. Et moi , mademoiselle , dois-je croire , par hasard , que vous brûliez encore d’une si belle passion pour

• cette retraite où s’écoula votre enfance , que vous préfériez, l’austérité du cloître à toutes les joies d’une \ie...?

DON A FRANCISOA,

Mais ee serait une nouvelle méprise, monsieur, jamais je n’ai eu cette pensée.

, • , , don diègIje. ■ ,

Fort bien ; je n’insiste pas davantage. Seulement, de tout ce que je viens d'entendre , il lésnllo une con-

■'ACTE 1U, SCÈNE Vif I. 603

Iradiction profonde En premier lie», vous n’avez, aucun goêl pour l'existence Ju cloître : ceci me parait assez clair. D’un autn' cédé, vous m’assures que vous n’avez aucun sujet de plaint»’ à élever contre moi; vous êtes certaine, n’csfc-ce pas? de la grande estime où je vous tiens; votre, cœur est libre; personne, en un mot, ne me disputera l’heureux sort d’être votre mari? Mais» alors, pourquoi ces larmes? d’où naît cette tristesse amère, grâce à laquelle , rn moins dç rien , votre charmant visage.est devenu à peine reconnaissable? Sout-ce là des augures qui nie promettent d’être seul aimé de vous-, «fui me fassent espérer que, sous peu de jours, voies m’épouserez avec joie? Est-ce doue ainsi que s'annoncent l’allégresse et l’amour?

lid*IA FtlANCISCV.

Ah î monsieur, sur quels motifs s'appuient de pareilles défiances ? , ■

- nos uikcuk.

Vous me le demandez! Mais si. je fais bon marché de toutes ces considérations, si, malgré tout, je presse les préparatifs de notre mariage , si votre mère continue d’y applaudir, et si le moment solennel arrive.. ,

hO.NA IHANUSCA.

Alors je ferai ce que ma mère uic commande, et je vous donnerai ma main.

nos niÈucti.

‘ El après , mademoiselle ? ’• .

64U LE OUI DES JEUNES FILLES

DONA FBANCISCA. •

Après ! . ; . Tant qu’il me restera un souffle (le vie , je serai une honnête femme. '

DON DI ÈGUE. " •

Quant à cela , je n’en doute point , mon enfant. Mais puisque vous me regardez comme l’homme qui devra être votre compagnon d’existence , votre ami jusqu’à la mort , dites-moi , ces deux titres ne me donnent-ils pas le droit d’obtenir de vous une franchise entière? Ne parviendrai -je donc pas à connaître la vraie cause de votre mélancolie ? Vous ne me ferez point l’injure de croire que je sois poussé par la curiosité : non , Paquita , ce que je veux, c’est m’employer à votre consolation, à votre bonheur présent, à la félicité de votre avenir, pourvu seulement que mes efforts et ma tendresse ne me trahissent point dans une si douce tâche.

DONA FRANCISCA

Bonheur, félicité! Ah! ces beaux rêves sont perdus pour moi .

. DON DIÈGtEr n

Et pourquoi donc?

BONA FRANCISCA

Pourquoi?... Oh! vous ne le saurez jamais.

DON DIÈGUE

Quel obstiné, quel imprudent silence!... Mais vous devez bien comprendre que je n’ignore point ce qui se passe.

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