ACTE H, SCÈNE III
DON Jl'iJ.
Ali ! si un misérable n’avait pus mis en œuvre les stratagèmes les plus lionleux , je ne la verrais pas aujourd’hui entre les bras d’un autre ; elle sérail dans les miens. Puisque nos âmes étaient faites pour s’aimer, puisqu’elles devaient être unies par le lien le plus étroit, fallait-il donc, hélas ! les séparer? Qui a pu rompre de tels nœuds? O supplice!
DONA BÉATRICE
loi blessure est toute récente, et votre douleur ne me surprend pas. Mais vous finirez...
DOS JC AN.
Et ils vous disent que sur cette (erre il y a une justice, des vertus; ils osent parler du respect de la religion !... Se prévaloir de la sainte autorité des lois pour traiter en esclave un cœur pur et tendre , où l’amour régnait déjà ! Quelle infamie, quel sacrifice barbare! lui pauvre enfant! Troublée à la fois par la pudeur et par le sentiment de sa dépendance, craintive, trompée, abandonnée, elle devait se soumettre. Tout était déchaîné contre mon Isabelle. Moi-môme, sans rien connaître, séparé d’elle par un espace de cent lieues, je me trouvais en proie à mille pressentiments lugubres. La jalousie la dévorait quand j’étais innocent, et elle luttait encore contre tant de perlidie ! Infortunée, quelle affliction , quel désespoir pour toi ! El maintenant me diront-ils toujours : « Sur cette terre il y a vertu et piété ? » Oh ! je ne les crois plus.
(Il se lève tout a)rité, et ap|>elle en s'approchant de la porte de droite.'
.*iH LE VIEILLAMD LT LA JEUNE FILLE.
DONA BÉATRICE
Grand Dieu ! je me sens une frayeur mortelle. Don Juan, mon cher fils, quels traits décomposés, quels regards farouches !
DON JUAN
Ginès !
IJONA BÉATRICE.
Un homme qui a de la raison doit savoir...
DON JUAN
Ginès !
DONA BÉATRICE
Quoi ! vous ne m’entendez pas?