‹ Théâtre espagnolChapitre 402 sur 405 · ACTE III, SCÈNE XIU · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XIU

vous, monsieur? De quel droit votre irruption et vos bravades? Quel est tout ce scandale?

dom DrÊcns.

Du scandale! il n’y en a point. Monsieur est le bîen-aimé de votre fille... les séparer, ce serait les tuer. Ainsi , Carlos... quoi qu’il en soit... va, et embrasse ta femme !

( Don Carlos s'approche île ilona Fram isea, et ils s'emlirassenl^ DON A IRKNK. '

Comment! c’était votre neveu?

DOM MEGIE.

Oui, madame, c’est mon propre neveu, qui, grâce à ses trois coups, à sa guitare et à sa lettre, m’a procuré la plus terrible nuit qui ait marqué dans

IllOn existence. (Don Carlos et don* Francisco te jettent aux genoux de don Diegue.) Ali çà , mes enfants, que venezvous faire, que voulez-vous encore tous deux ?

DOJÎA FRANCISCA.

Vous nous accordez votre pardon et notre bonheur ?

DON DIÈGIE .

Oui, chers trésors de mon âme , j’accorde tout!

( Il les relevé.)

DON A IRÈNE

Est-il possible que vous vous déterminiez h un tel sacrifice?

v DON plÈCCE.

J’aurais pu sé|*arer ces pauvres enfants pour

LE OU DES JEUNES FILLES

toujours , j'aurais pu «l'assurer sans peine la possession de cette charmante jeune fille; mais ma conscience ne me l'a pas permis. Carlos ! Paquita! si vous saviez quelle douloureuse impression laisse dans mon âme ce cruel effort!... N’oubliez point qu’après tout je suis homme, et que j’ai ma part de misères et de faiblesse!

DON CARLOS, lui baisant ta main.

Si notre affection la plus tendre , si notre reconnaissance sans bornes peuvent compenser tant de félicité perdue...

DOSA IRÈNE

Voyez donc! Ce brave don Carlos! quel cœur d’or!...

DON DIÈGLE.

Oui , mon neveu et votre fille raffolaient d’amour, pendant que vous , madame , vous et les nobles tantes, vous bâtissiez des châteaux en l’air, et me remplissiez la tête d'illusions qui maintenant se sont évanouies comme un songe! Voilà le résultat de ces abus d’autorité , de cet esclavage dans lequel on tient la jeunesse; voilà les garanties que vous offrent les parents et les tuteurs; voilà enfin la foi qu’on doit ajouter au fameux oui des jeunes filles ! Grâce au hasard , j’ai reconnu à temps l'erreur où je ine trouvais. Malheur à ceux qui la découvrent lorsqu’il n’est plus temps t

DON A IRÈNE

Enfin, que le ciel protège nos amoureux, et qu'il leur réserve longues années et longues joies ! ( A don car-

Page 1