IM» JUAN
Ah! si tu savais tous les tourments...
IM» A ISABELLE
Oh! je n’ignore point la dette que j’ai contractée envers vous. Partez, et abandonnez-moi au trépas.
DON JUAN
Malheureuse Isabelle! Ne suis-je donc revenu à Cadix que pour trouver brisés le‘s liens les plus chers, l’union la plus douce que le temps et la mutuelle estime aient formée? Hélas! quels jours de bonheur ! Te souviens-tu? te souviens-tu?
DON A ISABELLE
Mes forces vont me trahir!
DON JUAN
Époque charmante où tous deux , ravis de notre sort , nous attendions pleins d’espoir les faveurs enviées de l’amour. Quand sans cesse réunis, sans cesse entraînés l’un vers l’autre par l’àge, par la vivacité de nos jeux, et même par ces feintes froideurs que tout démentait...
DONA ISABELLE
I)on Juan, ayez pitié! Je me sens mourir.
DON JUAN
Un soupir de toi , une parole tombée de tes lèvres, un regard de ton œil velouté, c’était là mon seul désir, mon unique ambition. Adieu toute espérance ! Isabelle , si j’ai pu t’aimer , si nos premières années furent la félicité même , nos joies ont