‹ Théâtre espagnolChapitre 57 sur 405 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

BLASA, LINES, MUîîOZ, «chê.

BLASA.

On y va , on y va ! Quel carillon , mon Dieu !

(Elle traverse le théAtre, et revient avec Ginès.

G1NÈS.

Ma foi, je le croyais endormi.

BLASA.

Non, mais il a décampé sans prévenir personne. Va, c’est à vous dégoûter à jamais d’un drûle comme ce Munoz.

GINÈS

Ce dont je ne reviens pas, c’est que don Roque le garde.

BLASA.

Cela t’étonne? Mais c’est tout simple. Voilà deux cents ans qu’il sert dans cette maison ! Il est vieux comme son maître; car, entre leurs âges, il n’y a pas six semaines de différence. Il est chiche comme son maître ; et puis la peur s'est logée chez don Roque. Il ne fait plus un pas sans demander conseil à Munoz, et des avis de Munoz dépend la pluie ou le beau temps. De plus, le drôle lui sert d’espion; il lui rapporte histoires sur histoires. Quand le maître sort, il se donne l’air de dormir, ou de marmotter des prières sous la porte d’entrée; et, en attendant, rien ne se passe ici qu’il ne le sache. Puis, quand le

Am: n, scène nui.

maître revient, son maudit écuyer, plus maigre qu'un squelette, va lui souffler tout, a par h.

GINÈS

Voyez donc le vieux brigand !

BLASA.

Je ne cesse de tourmenter ma maîtresse pour qu’elle me tire de ce cachot; il me tarde de rentrer chez nous et de planter là ces affreux barbons, qui me font l’effet de deux épouvantails de jardin potager. Oh oui, à eux deux...

GINÈS

Mais moi, petite Blasa, j’en serai bientôt débarrassé.

BLASA.

Toi! Et comment?

GINÈS

C’est que nous partons pour... que sais-je? pour l’autre monde.

BLASA.

Et quand cela ?

GINÈS

Aujourd’hui même, si le vent n’y met obstacle.

BLASA.

Que tu es heureux d’être , dès aujourd’hui , délivré de ce vieil assommoir de Mpfloz et de ce cher don Roque , aussi bourru que têtu !

LE VIEILLARD ET LA JEUNE FILLE

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