ACTE 1, SCÈNE I
"* Ml'jNOZ.
Quelle prestesse infernale !
DON ROQl'E.
Hélas ! que faire dans cette étrange situation , Muiios, mon ami? Que dois-je faire? J’ai bien ma sœur, mais je ne me soucie pas d’invoquer son aide. Elle est lancée dans une série de petites cachotteries avec Isabelle, et je les soupçonne toutes deux...
MlSOZ.
D’être deux tines mouches. Enfin, monsieur, ce que j’ai prophétisé arrive au pied de la lettre. Le mari vieux et tout cassé, la femme toute jeune et gentille, je l’âi prédit, cela ne pouvait pas cadrer ensemble. Mais, dame! il fallut, quand même...
s DON ROOl'E.
Tu m’assassines, Munoz, avec tes affreux discours. Hé quoi ! lorsque je viens chercher dans tes conseils un remède à mes perplexités , tu t’avises de me jeter un sermon à la face, au lieu de me dire. . .
ML’SOZ.
Gommé on n’avait pas jugé convenable de me toucher une syllabe au sujet du mariage , je ne pensais pas que maintenant , quand les déboires ont succédé aux violons , je pusse être bon à quelque chose.
BON RO(JlE.
Mais c'est déjà une ancienne histoire !
Ml'fiOZ.
Voilà un mois, pas une àme ne s’inquiétait île
LE VIEILLARD ET LA JEUNE FILLE
Mufioz , et aujourd’hui... Le proverbe a raison : Tout est changement dans ce monde. Que de conférences, dont lé mvslère égalait la longueur, se sonl tenues ici ! quelles merveilles, quels mérites attribués à la fiancée ! Mais , parmi tous ces vieux Cassandres qui se rassemblaient chez vous , personne ne se leva pour vous crier : « Don Roque, croyez-moi , Ce n’esl pas raisonnable à vous de vous remarier encore. Puisque vous avez déjà enterré trois femmes, n’appelez donc point à votre propre enterrement la quatrième. Allez, cela n’a pas le sens commun ! » don rouie.
Mufioz , oublie le passe , et dis-moi comment je dois faire.
Mt'SOZ.
Vraiment, on croirait rire! Un septuagénaire infirme donner dans le mariage ! Et avec qui , je vous le demande? Avec une jeunesse qui brille à peine du frais éclat de ses dix-neuf ans. Et ensuite, au lieu de se garer du danger qui le menace, il va accueillir dans sa maison un homme qui a connu, la petite haute comme cela ! Car, depuis leur enfance , ils se sont traités et ils se traitent encore avec la plus franche intimité.
DON ROQI E.
Ainsi cette amitié datp de loin?
muSoz.
Comment! Vous n’avez donc pas la moindre notion sur votre femme?