‹ Théâtre espagnolChapitre 71 sur 405 · SCÈNE VU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU

BLASA , puis MUNGZ.

blasa.

Quel vieil original! Et dire pourtant qu’il s’est trouvé une femme, au plus beau temps de sa jeunesse, avec un visage de perle fine, avec des yeux comme des astres, avec un esprit à nous ravir tous,

une femme qui a consenti à s'enterrer dans la compagnie de ce septuagénaire, aussi chétif de corps que rétif d’intelligence! Avis au public! Oui, mieux vaut mourir bravement demoiselle que d’endurer à ses côtés cette vieille ébauche , ce mari pour rire , cette àme en peine , cet être couvert de plus de maladies et de plus de vices que le cheval deGonéla1!

(Muîioz parait, et en apercevant Blasa il veut se retirer.) Qu CSt-CP qui vous prend donc, monsieur iMunoz? Est-ce que le beau sexe- vous fait peur? Si je vous offusque:.. mlSoz.

Oui, tu m’offusques.

BLASA.

Ah! je vous offusque! Pour tout de bon?

ML’$OZ

Je n’ai pas envie de causer.

blasa .

Alors il faut m’en aller.

muSoz.

Quand lu voudras.

BLASA.

Quelle grimace! Depuis mon entrée dans cette maudite maison, jamais je ne vous ai vu sourire; vous avez toujours l’air de vouloir nous avaler. nuSoz.

Et celle-là, elle jacasse, et jacasse, et jacasse!

* Expression par laquelle les Espagnols désignent une haridelle. — Pierre Gonéla était mi bouffon du duc Bôrso, de Ferrare, au quinzieme siècle. (Pki.iick* , Notes du Don Quichotte.)

Page 1