‹ Théâtre espagnolChapitre 76 sur 405 · ACTE III, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IX

de ne pas demeurer une minute dans ma maison : car quel sens attacher à toute cette fantasmagorie de départs et de retours? Tu lui feras comprendre qu’il ne doit plus jamais songer à te revoir de sa vie. Quant à moi, j'ignore, bien entendu, ce qui se passe : un rien cependant suffirait pour me faire tout connaître... Mais on sonne à la porte. (Coup de sonnette du côté droit. Don itoque place une chaise à la distance qu'il choisit. Don» Isabelle refuse de s'asseoir. Don Roque la prend par les deux bras, et l’oblige à tomber sur la chaise.) Assieds-toi là , la chaise tournée vers ce côté.

DON A ISABELLE

Observez, je vous prie...

DON ROQUE

Pas d’objections inutiles.

DONA ISABELLE

Considérez, monsieur, ce que vous faites.

DON ROQUE

Ma petite Isabelle, prends garde à ce que je t’ai dit. Songes-y bien... Au moindre signe, à la moindre parole suspecte, malgré toute ma bonne volonté, je ne serai plus maître de moi; et alors nous aurons réellement sujet de nous lamenter.

Mais le destin a donc juré ma perle! Cette situation est intolérable... impossible! Réfléchissez...

DON ROQUE

Vile, plaçons-nous. Le voilà déjà.

DONA ISABELLE

Écou lez-moi , monsieur!

104 LE VIEILLARD ET LA JEUNE FILLE

DON KOQl'E.

Tu feras ce que je t’ai dit, et attention à toi!

(Apres un geste de menace, il reprend ses effets et se retire dans sou bureau, en laissant la porte légèrement entrouverte, pour observer du dedans ce qui va se passer.)

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