‹ Théâtre espagnolChapitre 78 sur 405 · DON IC AN · texte numérisé non relu

DON IC AN

Ciel ! que veut dire ce changement , ce langage inintelligible pour moi? Isabelle, par pitié, explique-moi ce mystère étrange; car toute mon âme est suspendue à tes lèvres. Tu m’as rappelé, j’arrive; et c’est ainsi...

Moi , je vous ai rappelé ?

DON JUAN

Comment ! tu oses affirmer le contraire , et me le soutenir en face? Oh! cruelle! Mais alors...

DONA ISABELLE

Plus un mot , monsieur !

DON JUAN

Tiens, tu me feras perdre la raison. Ingrate! Es-tu donc capable de tant de barbarie?

DONA ISABELLE

Je ne sais ce que vous voulez dire.

DON JUAN

Tu 11e le sais pas? Mais prends garde, Isabelle, de me pousser à bout par cette fausseté indigne.

DONA ISABELLE

Je vous ai déjà prié de vous en aller... Partez

LE VIEILLARD ET LA JEUNE FILLE

donc! Vous ne voudriez pas, par un refus, compromettre Isabelle.

DON JUAN

Hé quoi ! femme sans cœur, c’est ainsi que vous récompensez ma loyauté et ma tendresse? Vous me faites revenir dans ces lieux pour cette nouvelle trahison que vous aviez lâchement préparée contre moi ? Déjà je m’étais séparé de vous , déjà ma fuite était décidée ; je ne pensais plus jamais vous revoir. Et vous me rappelez dans un tel dessein? Ah! c’est t rop de noirceur !

DON A ISABELLE

Pesez mieux vos paroles, monsieur! car si les éclats de votre aveugle colère allaient donner l’éveil dans la maison; si mon époux venait ici...

DON JUAN

Oh ! je le sais. A votre mari , madame , pour apaiser ses soupçons, vous avez pu dire que le serment d’amour fait à don Juan n’avait été qu’une imposture ; mais à moi , perfide , à moi , quelle explication donnerez-vous? Aucune!... Vous vous taisez, amante infidèle, parce que vous savez bien que votre, silence est pour moi un nouveau supplice. Et je resterais un seul instant encore? Adieu! Je vais mourir; car tout ce que souhaite désormais don Juan, c’est d'en finir a\ec une existence qu’il a prise en exécration. Le destin, tout malheureux qu’il m’a fait, ne me refusera pas cette faveur, maintenant que je vais courir au-devant de la mort, au gré des tempêtes lurieilses!... Dieu! si je pouvais oublier aussi mou

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