ACTE III, SCENE I
à se ressouvenir de moi quelqu'un qui m'avait oublié; j'ai vaincu.
LE PREMIER COMMISSAIRE
Et maintenant il faut assurer le fruit de la victoire.
LE COMTE
C'est ce qui me regarde.
LE PREMIER COMMISSAIRE
Votre épée a ouvert la route, nous espérons que vous la parcourrez tout entière, et nous ne voulons nous arrêter que devant le trône de notre ennemi.
LE COMTE
Quand il en sera temps.
LE PREMIER COMMISSAIRE
Comment ? Ne voulez-vous pas poursuivre les fuyards ?
LE COMTE
Non, pas à présent.
LE PREMIER COMMISSAIRE
Mais le sénat y compte;... et nous, bien convaincus gué votre ardeur à poursuivre la victoire ne serait audessous ni d'une telle occasion ni de la victoire ellemême, nous lui avons...
Vous vous êtes trop hâtés.
LE PREMIER COMMISSAIRE
Et que dira-t-il en apprenant que nous sommes encore ici ?
LE COMTE
Il dira que le mieux est de se fier à celui qui a déjà vaincu pour lui.
LE PREMIER COMMISSAIRE
Mais... que pensez- vous faire?
LE COMTE
Je vous l'aurais dit plus volontiers, il y a quelques moments; il faut cependant que je vous le dise. Je ne veux point m'éloigner d'ici que je n'aie emporté les forts qui nous entourent. Je ne veux qu'un seul ennemi, et je le veux en face.
LE PREMIER COMMISSAIRE
Ainsi donc, nos vœux...
LE COMTE
Vos vœux sont plus hardis que mon épée, plus rapides que mes chevaux, et moi... c'est la première fois que je m'entends dire de me hâter.
LE PREMIER COMMISSAIRE
Avez-vous assez réfléchi?
Quoi! c'est donc pour moi quelque chose de bien nouveau qu'une victoire? et vous croyez que cette joie me trouble le cœur au point que ma première pensée ne soit pas pour ce qui me reste à faire?