ACTE IV, SCENE III
je trouver un moyen? Mais si je le tue? — Oh! peutêtre Ta-t-il dit pour m'épouvanter. — Et s'il l'avait dit sérieusement? Oh! barbares, dans quel abominable filet vous me tenez enveloppé! il n'y a pas pour moi de noble résolution; quelque parti que je prenne, je suis coupable. Oh ! doute affreux! — Je les remercie, ils m'ont fait une destinée ; ils m'ont poussé dans un chemin. — J'y cours: — Je ne l'ai point choisi, c'est toute ma consolation. — Je ne choisis rien; et tout ce que je fais, c'est par la force, c'est par la volonté d'autrui. — Terre où je naquis, adieu pour toujours! J'espère que je mourrai loin de toi et avant de rien apprendre de toi, je l'espère; le ciel, sans doute par pitié, m'envoie au milieu des dangers. — Je ne mourrai pas pour toi. Que tu sois grande et glorieuse, que m'importe le reste? Moi aussi j'avais deux trésors, ma vertu et un ami, — et tu m'as ravi l'un et l'autre.
(Il sort.)