SCENE QUATRIEME
EDGARD, s'asseyant.
Oui... chaque fois que je veux sortir.
MADAME BEAUDELOCHE.
Le plus extraordinaire, c'est que j'ai fait venir mon dentiste... et il n'y comprend rien.
EDGARD, assis.
Parbleu !
MADAME BEAUDELOCHE.
Hein?
EDGARD
Parbleu !... puisque c'est nerveux !
MADAME BEAUDELOCHE,
Ah ! mon Dieu !... où as-tu donc fourré ton chapeau ? (Elle le lui prend sur la tête.)
EDGARD, le retenant.
Tiens !,.. c'est nerveux !... comme mes dents !
MADAME BEAUDELOCHE.
Comment te trouves-tu ? (Elle va poser le chapeau sur la table à gauche.)
EDGARD, regardant Florestine.
Mais... je crois que ça va mieux... et même si je pouvais prendre un peu l'air. (// se lève, Florestine le pince.) Non ! oh ! aïe ! oh ! aie !... ça me reprend 1 (// se rassied.)
MADAME BEAUDELOCHE.
Pauvre enfant ! que lui faire ? (Elle remonte.)
FLORESTINE, apportant une petite fiole.
Si monsieur voulait essayer un peu de cet élixir ?..,
EDGARD, froidement.
Merci, mademoiselle. (Bas à Florestine.) Fichez-moi la paix I... je n'aime pas qu'on me blague ! (Elle remonte.)
MADAME BEAUDELOCHE, arrivant derrière le fauteuil et lui nouant vivement un mouchoir blanc sous le menton. Tiens I cette mentonnière...
EDGARD, à part.
Bien !... voilà le bouquet ! tenue de fiancé. MADAME BEAUDELOCHE, bas à Edgard.
Là... repose-toi... t'en-^-toi chaudement... et quand la crise sera passée, viens me retrouver chez M. Veauyardin...
EDGARD, l'interrompant.
Oh ! là là...
MADAME BEAUDELOCHE.
Florestine, je vous recommande mon fils.
FLORESTINE
So}ez tranquille, madame.
MADAME BEAUDELOCHE, montrant le châle sur le fauteuil.
Prenez mon châle jusqu'à la voiture. (Florestine le prend.)
ENSEMBLE
AIR de la Dernière Rose. (Polka-Mazurka de Heintz.)
MADAME BEAUDELOCHE.
Je vais excuser ton absence, Mais sers-toi de ton élixir.
Cela te guérira, je pense.
Et bientôt tu pourras venir.
EDGARD
Tâche d'excuser mon absence.
De ces lieux je ne puis sortir.
(A part.) Car on me met en pénitence, Et je suis forcé d'obéir.
FLORESTINE, à part.
Oui, je doute de sa constance.
L'ingrat pourrait bien me trahir.
Et je veux ici, par prudence.
Auprès de moi le retenir.
(Madame Bcaudeloche et Florestine sortent par lo droite.)