‹ ThéâtreChapitre 132 sur 267 · SCENE VINGT-TROISIEME · texte numérisé non relu

SCENE VINGT-TROISIEME

VEAUVARDiN, indigné.

Le portrait !.. dans le septième tiroir !... Mon gendre, c'est donc vous ?

EDGARD

Elle n'est pas lucide.

TOUS

Qu'y a-t-il ?

VEAUVARDIN, avec éclat.

Il y a que mon gendre, dont voici le portrait... {Regardant le portrait.) Tiens ! c'est un pompier !...

TOUS

Hein ?

FLORESTiNE, à part.

Pristi ! je me suis trompée de poche !

EDGARD, bas à Florestine, un pan vexé.

Mademoiselle., que signifie ce pompier ?

FLOUESTiNE, bos, avec embarras.

Je n'ai pas voulu vous perdre...

EDGARD, bas.

Généreuse fille !... tiens ! voilà tes lettres de Vaugirard. (// lui remet un paquet.)

FLORESTINE, le regardant.

Des billets de banque !

EDGARD, à part.

Pristi ! Je me suis trompé de poche !

MADAME BEAUDELOCHE.

Ma bru, je vous cède Florestine... c'est un vrai cadeau que je vous fais.

EDGARD, vivement.

Non !... (A part.) Sapristi, assez comme ça !

MADAME BEAUDELOCHE.

Pourquoi ?

EDGARD

Parce que... parce que... elle épouse un pompier...

FLORESTINE

Moi ?

EDGARD, bas, avec énergie.

Epouse-le, ou je t'étrangle ! {Haut.) Elle accepte ! je l'ai réveillée.

MADAME BEAUDELOCHE.

Je me charge de la dot !

Moi, je lui donne cinq pour cent...

EDGARD, bas.

Non !... elle n'est pas lucide... au lieu de truffes elle vous trouverait des pommes de terre...

VEAUVARDIN.

Au fait...

EDGARD, à part.

Enfin !... j'ai cassé mon agralTe ! {An public.) C'est égal... J'en suis pour ce que j'ai dit... Certainement je n'ai pas de conseil à vous donner... mais une veuve bonne musicienne avec quatre-vingt mille livres de rentes... je crois que ça vaut mieux ! je le crois !...

CHŒUR FINAL

AIR de Mademoiselle Bertrand.

Oui, tout promet le destin le plus doux

A ce mariage ;

Quel heureux présage !

Avant l'hymeni les maris les plus fous Deviennent les meilleurs époux.

EDGARD, au public.

AIR : Mon Dieu ! Mon Dieu ! pour un vieillard. De grâce, cncor deux petits mots :

Messieurs, vous avez dans vos poches Des mains pour donner des bravos.

Des clefs, instruments de reproches ; De rendre un favorable arrêt.

Quand, pour vous, le moment approche.

Preniez bien garde, s'il vous plaît.

N'allez pas vous tromper de poche.

Donnez les bravos, s'il vous plaît.

Gardez les clés dans votre poche !

CALMANX-LÉVV, ÉDITEURS, PARIS, 10-48-7.777

LE

MAJOR CRAVACHON

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