SCENE PREMIERE
CYPRIEN, puis JURANÇON, puis BEGAMEL.
CYPRiEN, assis contre le guéridon de droite, et lisant le journal.
« OuLnous ne saurions trop Je répéter, la société est ébrameé^aans sa base., que si l'on nous demande un remède... nous ne nous chargeons pas de l'indiquer. » (Parlé.) Eh bien, alors... tais Ion bec, méchant gratte-papier ! {Lisant.) « La France depuis 89... »
JURANÇON, entrant par le fond.
Cyprien I
CYPRIEN, sans se déranger.
Ah ! c'est vous... Bonjour, monsieur Jurançon, bonjour. {Lisant.) « La France depuis 89... »
JURANÇON
OÙ est Bécamel ?
CYPRIEN
Dans sa chambre. (Appelant.) Monsieur... monsieur !...
BÉCAMEL, dans la coulisse de gauche.
Quoi ?
CYPRIEN
C'est votre ami qui vous demande... Dépêchez vous !
BÉCAMEL, dans la coulisse.
Voilà.
CYPRIEN, à Jurançon.
II va venir...
JURANÇON
Ah ! tu as le journal d'aujourd'hui ? (// avance la main pour le prendre.)
CYPRIEN
Oui, monsieur. (5e rcmeliant à lire.) « La France depuis 89... »
BÉCAMEL, entrant par la gauche.
Tiens ! c'est Jurançon, mon ami, mon vieux voisin... Tu viens déjeuner avec moi ?
Non, merci, je prends médecine à deux heures.
BÉCAMEL.
Comment !... Tu prends médecine ?... Est-ce que lu es malade ?
JURANÇOxV,
Moi, pas du tout.
BÉCAMHL.
Eh bien, alors ?
JURANÇON
C'est une précaution recommandée par le Guide du voyageur avant de se mettre en route... et, comme dans trois jours je pars pour l'Italie... la belle Italie...
BÉCAMEL.
Comment ! tu pars ?... sans moi ?
CYPRIEN, à part, impatienté, se levant et allant s'asseoir de l'autre côté du guéridon.
Sont-y embêtants ! Je ne sais plus ce que je lis... (Reprenant la lecture.) « La France depuis 89... »