‹ ThéâtreChapitre 167 sur 267 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

JURANÇON, BECAMEL.

JURANÇON, regardant sortir Cyprien.

Il a l'air grognon, ton domestique.

BÉCAMEL.

Oui, je le gâte... c'est presque un ami... je suis son parrain... {Achevant sa lettre.) Bravo... Jurançon, c'est arrangé !

JURANÇON

Quoi ?

BÉCAMEL.

C'est une lettre du prétendu... maître Savoyart (de la Drôme).

JURANÇON

Qu'est-ce que c'est que ça ?

BÉCAMEL.

Un avocat... nos conditions sont arrêtées... il va venir ce matin déjeuner el faire sa demande...

JURANÇON

Ta fille est-elle prévenue ?

BÉCAMEL.

Non, mais elle le connaît... l'affaire marchera promptement...

JURANÇON

Quand partons-nous ? il faut que je sois fixé !

BÉCAMEL.

Voyons... c'est aujourd'hui le 1"... le 15, je marie ma fille !... le 16...

JURANÇON

Nous nous purgeons.

BÉCAMEL.

11 paraît que tu y tiens... Eh bien, soit!... le 16, nous nous purgeons... et le 17...

JURANÇON

Nous roulons !

BÉCAMEL.

Voilà ! {Avec enthousiasme.) O l'Italie ! Venezia la Bella ! Romani, les Romains ! Dis donc, nous ferons nos farces !

Oui... et nous emporterons des gilets de flanelle... les nuits sont fraîches.

BÉCAMEL.

Ça me va ! tout me va !

JURANÇON

Allons, puisque c'est décidé... je vais encore donner des arrhes... mais c'est la dernière fois... je t'en préviens !

BÉCAMEL.

Sois donc tranquille !

ENSEMBLE

AIR de Gilles ravisseur.

Vers la bell* Venise Nous roulerons bientôt, Pour respirer sa brise Et voguer sur son flot.

{Jurançon sort par le fond.)

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