ACTE TROISIEME
FADiNARD, à part.
Elle a compris... elle va me remettre le chapeau...
Convenez que c'est une belle chose que la musique !...
FADINARD.
Hein ?
LA BARONNE
Quelle langue ! quel feu ! quelle passion ! FADINARD, se montant à froid.
Oh ! ne m'en parlez pas ! la musique !... la musique !... la musique !!! (A pai't.) Elle va me remettre le chapeau.
LA BARONNE
Pourquoi ne faites-vous pas travailler Rossini, vous ?
FADINARD.
Moi ? (A part.) Elle a une conversation très décousue, cette femme-là ! (Haut.) Je rappellerai à madame la baronne que j'ai eu l'honneur de lui écrire un billet...
LA BARONNE
Un billet délicieux et que je garderai toujours !.. croyez le bien... toujours... toujours ! FADINARD, à part.
Comment ! voilà tout ?
LA BARONNE
Qu'est-ce que vous pensez d'Alboni ?
FADINARD.
Rien du tout !... mais je ferai remarquer à madame la baronne... que, dans ce billet, je lui demandais...
LA BARONNE
Ah ! folle que je suis ! (Regardant son bouquet.) Vous V tenez donc beaucoup ?
FADINARD, SB levant, et avec force.
Si j'y tiens !... Comme l'Arabe à son coursier !
LA BARONNE, SB levant.
Oh ! oh ! quelle chaleur méridionale ! (Elle se dirige vers le piano pour détacher une fleur de son bouquet.) Il y aurait de la cruauté à vous faire attendre plus longtemps...
FADINARD, sur le devant de la scène, à part. Enfin, je vais le tenir, ce malheureux chapeau ! Je pourrai rentrer chez moi... (Tirant sa bourse.) Il s'agit maintenant... Dois-je marchander ?... Non ! une baronne !... ne soyons pas crasseux !
LA BARONNE, lui remettant gracieusement une fleur.
Voici, monsieur, je paye comptant.
FADiNARD, prenant la fleur avec stupéfaction.
Qu'est-ce que c'est que ça ?... Un oeillet d'Inde !!! Ah çà ! elle n'a donc pas reçu ma lettre ?... je porterai plainte contre le facteur !...