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ACTE QUATRIEME

BOBIN et LES DAMES,

CHŒUR

air: de Werther.

C'est l'amour Dans ce séjour Qui vous réclame, Entrez, madame.

Le jour fuit,

Voici la nuit.

Moment bien doux Pour deux époux !

HÉLÈNE, hésitant à entrer.

Non... je ne veux pas... je n'ose pas...

BOBIN.

Eh bien, ma cousine, redescendons.

NONANCOURT

Silence, Bobin !... Ton rôle de garçon d'honneur expire sur le seuil de cette porte...

BOBIN, soupirant Hein !

NONANCOURT

Entre, ma fille... pénètre sans crainte puérile dans h domicile conjugal...

HÉLÈNE, très émue.

Est-ce que mon mari... est déjà là ?

NONANCOURT

Il est dans ce paravent... il se coiffe de nuit.

HÉLÈNE, effrayée. Oh 1 je m'en vais...

BOBIN.

Redescendons, ma cousine...

NONANCOURT

Silence, Bobin !...

HÉLÈNE, très émue.

Papa... je suis toute tremblante,

NONANCOURT

Je le conçois... c'est dans le programme de ta situation... Mes enfants... voici le moment, je crois, de vous adresser quelques paroles bien senties... — Allons, mon gendre, passez voue robe de chambre... et venez vous placer à ma dr>xtrc...

HÉLÈNE, vivement.

Oh ! non, papa !...

NOXAXCOURT.

Eh bien ! restez dans votre paravent... et veuillez me prêter une religieuse attention. — Bobin, mon myrte. (// fait asseoir Hélène.)

BOBIN, le prenant sur le guéridon et le lui donnant

en pleurnichant.

Voilà !

NONANCOURT, tenant .<?on myrte, et avec émotion. Mes enfants !... (// hésite un moment, puis se mouche bruyamment. Reprenant.) Mes enfants...

vÉziNET, à Nonancourt, et à sa droite.

Savez-vous où l'on met le tire-bottes ?

NONANCOURT, furicUX.

Dans la cave... Aile? vous faire pendre !

VÉZINET.

Merci ! {Il se remet à chercher.)

NONANCOURT

Je ne sais plus où j'en étais...

BOBIN, pleurnichant.

Vous étiez à ; « Dans la cave... allez vous faire pendre ! >

NONANCOURT

Très bien ! (Reprenant, et changeant son myrte de bras.) Mes enfants... c'est un moment bien doux pour un père, que celui où il se sépare de sa fille chérie, l'espoir de ses vieux jours, le bâton de ses cheveux blancs... (Se tournant vers le paravent.) Cette tendre fleur vous annartient, ô mon sendre !.. Aimez-la. chérissez-la. dorlotez-la... (A part, indinné.) Tl ne répond rien, le Savoyard !... (A Hélène.) Toi, ma fille... tu vois bien cet arbuste... je l'ai empoté le jour de ta naissance... qu'il soit ton emblème !... {Avec une émotion croissante.) Que ses rameaux toujours verts te rappellent toujours que tu as un père... un époux... des enfants !... que ses rameaux... touiours verts... que ses rameaux... toujours verts... (Changeant de ton. à part.^ Va te promener !... j'ai oublié le reste î... (Pendant ce discours. Bobin et les dames ont tiré leurs mouchoirs et sanglotent.)

HÉLÊNj:, se jetant dans se.<? bras.

Ah ! papa !..•

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