ACTE CINQUIEME
TARD I VEAU, apeTcevaitt le chapeau.
Ah 1... qu'est-ce que c'est que ça ?
BEAUPERTHUIS.
Quoi ? (// écarte le parapluie et lève la tête.)
FADINARD.
Rien ! (Il lui enfonce son chapeau sur les yeux. Au même infant la corde est coupée. Le réverbère tombe.)
BEAUPERTHUIS.
Ahl
TARDivEAU, Criant.
Aux armes 1 aux armes 1
FADINARD, à Beaupcrthuis.
Ne faites pas attention... c'est le réverbère en tom-
banL
{Ici les gardes nationaux sortent du poste. Des gens paraissent aux fenêtres avec des lumières. — Pendant le chœur, Fadinard décroche le cimpeau et le donne à Anaïs, qui le met sur sa tête.)
CHŒUR
air: Vivent les huti^ards d'Berchini
(Tentations d'Antoinette, acte 2.)
Quel bmit I quel vacarme infernal i Qui fait cet affreux bacchanal ?
C'est indécent 1 c'est illégal 1 Dressons procès-verbal I
{Après le chœur, Beaupcrthuis est parvenu à retirer son feutre de dessus ses yeux.)
BEAUPERTHUIS.
Mais, encore une fois, messieurs...
ANAis, le chapeau sur la tête, s'approchant, les bras croisés et avec dignité.
Ah î 3« vous troTïTe donc enfin, monsieur î...
BEAUPERTHUIS, pétrifié.
Ma femme !...
ANAIS.
Voilà donc la conduite que vous menez ?...
BEAUPERTHUIS, à pcwt.
Elle a le chapeau 1
ANÂIS.
Vous colleter dans les rues, à une pareille heure !~.
BEAUPEKTHLIS.
Paille de Florence !
Et des coquelicots...
ANAIS.
Me laisser rentrer seule... à mi^VL: l, quand, depuis ce matin, je vous attends chez ma cousine Eloa...
BEAUPERTHUIS.
Permettez, madame, votre cousine Eloa...
FADINARD.
Elle a le chapeau !
BEAUPERTHUIS.
Vous êtes sortie pour acheter des gants de Suède... On ne met pas quatorze heures pour acheter des gants de Suède...
FADINARD.
Elle a le chapeau !
ANAIS, à Fadinard.
Monsieur, je n'ai pas l'avantage...
FADINARD, salliaiil.
Moi non plus, madame, mais vous avez le chapeau ! (S'adressant aux gardes nationaux.) Madame a-t-elle le chapeau ?
LES GARDES NATIONAUX et LES GENS AUX FENETRES.
Elle a le chapeau ! elle a le chapeau !
BEAUPERTHUIS, à Fadinard.
Mais pourtant, monsieur, ce cheval du bois de Vincennes...
Il a le chapeau !
NONANCOURT, paraissant à la fenêtre du poste. Très bien, mon gendre !... Tout est raccommodé !
FADINARD, à Beauperthuis.
Monsieur, je vous présente mon beau-père !
NONANCOURT, de la fenêtre.
Ton groom nous a conté l'anecdote !... C'est beau, c'est chevaleresque !... c'est français !... Je te rends ma fille, je te rends la corbeille, je te rends mon myrte... Tire-nous des cachots !