‹ ThéâtreChapitre 94 sur 267 · ACTE CINQUIEME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIEME

TARD I VEAU, apeTcevaitt le chapeau.

Ah 1... qu'est-ce que c'est que ça ?

BEAUPERTHUIS.

Quoi ? (// écarte le parapluie et lève la tête.)

FADINARD.

Rien ! (Il lui enfonce son chapeau sur les yeux. Au même infant la corde est coupée. Le réverbère tombe.)

BEAUPERTHUIS.

Ahl

TARDivEAU, Criant.

Aux armes 1 aux armes 1

FADINARD, à Beaupcrthuis.

Ne faites pas attention... c'est le réverbère en tom-

banL

{Ici les gardes nationaux sortent du poste. Des gens paraissent aux fenêtres avec des lumières. — Pendant le chœur, Fadinard décroche le cimpeau et le donne à Anaïs, qui le met sur sa tête.)

CHŒUR

air: Vivent les huti^ards d'Berchini

(Tentations d'Antoinette, acte 2.)

Quel bmit I quel vacarme infernal i Qui fait cet affreux bacchanal ?

C'est indécent 1 c'est illégal 1 Dressons procès-verbal I

{Après le chœur, Beaupcrthuis est parvenu à retirer son feutre de dessus ses yeux.)

BEAUPERTHUIS.

Mais, encore une fois, messieurs...

ANAis, le chapeau sur la tête, s'approchant, les bras croisés et avec dignité.

Ah î 3« vous troTïTe donc enfin, monsieur î...

BEAUPERTHUIS, pétrifié.

Ma femme !...

ANAIS.

Voilà donc la conduite que vous menez ?...

BEAUPERTHUIS, à pcwt.

Elle a le chapeau 1

ANÂIS.

Vous colleter dans les rues, à une pareille heure !~.

BEAUPEKTHLIS.

Paille de Florence !

Et des coquelicots...

ANAIS.

Me laisser rentrer seule... à mi^VL: l, quand, depuis ce matin, je vous attends chez ma cousine Eloa...

BEAUPERTHUIS.

Permettez, madame, votre cousine Eloa...

FADINARD.

Elle a le chapeau !

BEAUPERTHUIS.

Vous êtes sortie pour acheter des gants de Suède... On ne met pas quatorze heures pour acheter des gants de Suède...

FADINARD.

Elle a le chapeau !

ANAIS, à Fadinard.

Monsieur, je n'ai pas l'avantage...

FADINARD, salliaiil.

Moi non plus, madame, mais vous avez le chapeau ! (S'adressant aux gardes nationaux.) Madame a-t-elle le chapeau ?

LES GARDES NATIONAUX et LES GENS AUX FENETRES.

Elle a le chapeau ! elle a le chapeau !

BEAUPERTHUIS, à Fadinard.

Mais pourtant, monsieur, ce cheval du bois de Vincennes...

Il a le chapeau !

NONANCOURT, paraissant à la fenêtre du poste. Très bien, mon gendre !... Tout est raccommodé !

FADINARD, à Beauperthuis.

Monsieur, je vous présente mon beau-père !

NONANCOURT, de la fenêtre.

Ton groom nous a conté l'anecdote !... C'est beau, c'est chevaleresque !... c'est français !... Je te rends ma fille, je te rends la corbeille, je te rends mon myrte... Tire-nous des cachots !

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