MADAME BEAUDELOCHE, EDGARD, FLORESTINE
EDGARD, paraissant en grande tenue et gants blancs, Voilà, maman !
MADAME BEAUDELOCHE.
Voyons que je t'examine... Florestine, regardez dono
comme il est bien, mon fils !
FLORESTINE, baissant les yeux. Je ne m'y connais pas, madame.
MADAME BEAUDELOCHE, à SOn fUs.
Qu'est-ce que c'est que ça ? une cravate bleue ! Est-ce que tu y penses ?
EDGARD
Je vais l'expliquer... le bleu pâlit... alors...
MADAME BEAUDELOCHE.
Du tout ! du tout ! Florestine, une cravate blanche !
FLORESTINE
Oui, madame. (Elle entre dans la chambre d'Edgar.)
EDGARD, avec humeur.
Des cravates blanches ! toujours des cravates blanches l on a l'air d'une huître !
O^'y'O^^ MADAME BEAUDELOCHE. (v<-.<i.^v-^
Une hmtre 1... (Avsc dignité.) Ed^jarci, songe que tu te destines au notariat.
EDGARD
Ça m'a échappé.
MADAME BEAUDELOCHE.
Songe surtout que tu signes aujourd'hui ton contrat de mariage avec mademoiselle Henriette de Veauvardin.
EDGARD
Oui... plus bas.
Pourquoi ça ?
EDGARD
Il est inutile d'instruire les domestiques.
MADAME BEAUDELOCHE.
Oli ! quel g^.rçon mystérieux !
FLORESTIKE, rentrant et remettant une cravate blanche à Edgard.
Voici votre cravate, monsieur.
EDGARD, froidement.
Merci, mademoiselle. (Mettant sa cravate blanche.)
MADAME BEAUDELOCHE,
Florestine, attachcz-!a-lni.
FLORESTiNE, faisant le nœud de la cravate. Oui, Madame.
EDGARD
C'est inutile...
MADAME BEAUDELOCHE.
Si... si... il faut aujourd'hui que mon fi^s soit beau. EDGARD, toussant pour couvrir les paroles de sa mère. Hum ! hum !
FLORESTINE
Voilà qui est fait.
EDGARD, froidement.
Merci, mademoiselle. (A part.) A-t-on l'air assez cornichon comme ça !
MADAME BEAUDELOCHE, à Florestine.
A propos, a-t-on apporté de chez Tahan une jardinière en bois de rose ?
FLORESTIXE.
Une jardinière ?