‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 234 sur 289 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DON SÉBASTIEN^ DIANA, entrant ensemble.

DON SÉBASTIEN, avec dépit.

Eh bien! senora, que vous disais-je?...

DIANA, tristement.

Eh bien! don Sébastien?...

DON SÉBASTIEN

* Qiepuis deux jours, don Henrique est arrivé au cliâteau !

' V*^ DIANA

Ëh! jBon Dieu! oui.

'^ DON SÉBASTIEN

Et vous avez beau me dire de ne pas m'effrayer... tout se dispose pour votre mariage, votre père donne ce soir un concert et un bal, toute la noblesse des environs y est invitée... et pourquoi?... pour signer à votre contrat!

DIANA

Je le sais bien!... puisque me voilà en grande toilette...

DON SÉBASTIEN

Et vous avez eu le cœur de vous parer, de vous faire belle!..

DIANA

Par ordre de mon père!

DON SÉBASTIEN

Et malgré vos promesses, vous n'avez encore rien &X à votre cousm?

DIANA

Ce n'est pas ma faute! ... il est si bon, si aimable^ si confiant, que je n'ose pas... je ne sais comment lui dire : Je ne vous aime pas.

DON SÉBASTIEN

Ahl c'est que vous l'aimez, c'est évident.

ACTB ITj SCÈNE I*

Piût au cielL., car je ne serais pas malheureuse comme je le suis.*, je ne me reprocherais pas ma trahison,,, car c'en est uue^ quand on a été élevé ensemble... quand ou a promis de se marier... de s'aimer toujours,., et quej six ans après, on n*aime plus son cousin... bien mieux, qu'on en aime un autre... voilà qui est afii-euxj voilà de ces choses qu*on n'ose s'avouer à soi-même.,, et vous voiilea que je le dise à don Henrique,

DOK SÉBASTIEN.

Ouij sans doute*,, dans son Intérêt... car enân^ si vous ne le lui apprenez que le lendemain de son mariage.,.

Eh bien! Monsieur, vous qui parlez, pourquoi ne pas lui

confier vous-même ce qui en est?

DON SEBASTIElf,

Moi! à qui deux fois il a sauvé la vieK.. mot qui, offîcier de fortune^ lui dois toute ma position,,, moi, enfin, en qui il a tant de confiance, qu'à son départ il m'a chargé de veiller sur vousp,, d*empêcher qu'on ne vous fit la courî

DlAtU,

Et vous vous en êtes si bien acquitté, que personne ne pouvait approcher de moi, excepté vous !

non SÉBASTIEN ^

Pour mon malheur! c'est là ce qui m'a perdu,** et moi qui n'ai ni ïicfs, ni domaines à vous offrir, comment puis-je, aux yeitx de v€»lre père, du premier ministre, vous disputer à don Henrique, son neveu, le plus élégant, le plus aimable et surton l le phis riche seigneur du royaume,,, si, encore^ je pouvais me hallro avec lui!

DIANA

»le vous le dé rends* DON SÉBASTIEN.

Si au moins nous avions la guerre!,., je me distinguerais.*, j'arriverais, ou je me fotaîs; tuer! Mais non, rien ne me réus^ ïU, pa? môîne celle expalitioii dont votre père m'avait chai^gé cotiire les haîïdils de I Esimmadnre,.. je n'ai pas même pu les joindre, lieiur»i?cmcni pour eux^ car, dans ma colère, je n'aurais pas f^iL de quartier.*.

Dr AN A,

Allons, calmca-vous,., et laissex-raoi vous faire part de quelque espémncel

DON SÉBASTIEN

Dans oe mornant, puis-je en avoir encore?

DIAMA.

Oui^ Ifonsieurl puisque j'en ai!

DUO

DIANA, l^on cousin qai^ dans totif Iftft temps.

Se distinguait par sa folie^ Pepiris deux jours a des momeiits De tristesse et de réTerie !

U réTe à TOUS.

DIANA

n le dirait peut-étre> Et n'en dit rien... jamais il ne me fait la cour!

DON SÉBASTIEN

Bs|-U Tr&i?

DIAIIA.

Pas un mot, pas an seul mot d'amour | Ce n'est pas naturel...

DON SÉBASTIEN

C'est juste!

DIAMA.

11 était mtltrf De fixer le jour de notre hymen.

Car mon pèrs avait dit : ou ce soir ou flemàip !

DON SÉBASTI6N.

Padlt:«||piird1iui!

DIANA

Non, il a dit : demain !

ENSEMBLE

En effet, C'ppt un fait,

Un trait Qui pvait g,

Parfait, ^

Et Ton peut concevoir Encor quelqu'espoir I Preuve évidente, Qui m'enchante!

Et rend le bonheur A mon cœur l

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