ACTE ly SCÈNE V
LE COMTE
En vérité... en ce cas^ donnez-moi...
COQUEREL
Des pastilles, des pistaches, des marrons glacés...
LE COMTE
Non... donnez-moi... une chaise... (a part.) Autant attendre Ici que dans la rue... la boutique de la petite parfumeuse est
juste en face... c'est très-commode... (a Coquerel, qui luî apporte une
chaise.) Bien obligé !
COQUEREL
Maintenant, que vous oflrirais-je? j'ai des fruits confits... j'ai des citrons... J'ai du cédrat.. . j'ai de rorângè...
LE COMTE, à part.
Si je pouvais savoir ce qu'il n'a pas... (Haut.) Je voudrais, mon cher, des... des... Comfnent appolez-vous cela?
COQUEREL
Des pralines à la Pompadour.
Le comte.
Du tout, ce sont des bonbons... ou plutôt une manière de bonbons que je ne j^uis définir...
COQUEREL
Des chinois confits... on est venu m'en demander hier une corbeille pour Trianon, pour madame de Pompadour, et il fte m'en reste plus.
LE COMTE, -vivement.
Voilà justement ce qtle je voulais ! il m'en fallait quinze ou vingt livres... et vous n'en avez plus I . . . c'est jouer de malheur !
COQUEREL
Pourquoi donc?... on peut vous en faire glacer, (criant.) Chinois au marasquin et à la vanille.
LE COMTE
Écoutez, mon cher, j'aime mieux payer le double et que ce soit vous. . . vous-même . . . entendez-vous ?
COQUEREL, sMnclinant.
Trop de bontés... confiance honorable dont je ine rendrai digne... et je vais me hâter...
LE COMTE, regardant au fond.
Mais du tout... ne vous pressez pas... j'attendrai, je suis ici à mei^veille.
COQUEREL
Que ces grands seigneurs sont aimables ! Je vais me mettre
au feu pour vous! (criant en sortant.) Chinois au marasquin, très-soignés!