ACTE ï, SCÈNE X
ENSEMBLE
COQUEREL
Âh! quelle gène! ^
Ah! quelle peine!
(a part.) lorsque la crainte vous enchaîne !
Oui^ les mamans^
Dans tous les temps^
Sont des tourments
Pour les amants.
ANGÉLIQUE
Ah! quelle gène!
Ah! quelle peine!
Et quelle contrainte est la mienne!
Oui^ les mamans.
Dans tous les temps.
Sont des tourments
Pour les amants.
MADAME BERGAMOTTE, ayec ironit.
Je Yois sans peine
Que ça yous gène.
Essayons une autre douzaine!
(A part.) J'ai des soupçons en ce moment.
Observons-les adroitemen t !
COQUEREL^ à madame Bergamotte.
Gonmie moi vous devez comprendre.
Quand on veut se donner des gants.
Qu'à son goût il faut bien les prendre !
MADAME BERGAMOTTE.
Sans doute ! et ceux-ci sont plus grands!
(les donnant à «a fille qui 8*approche de Coquercl.) ANGÉLIQUE^ à Coquerel et les présentant.
Vouff-vôus essayer?...
COQUEREL
Ah ! vous êtes trop bonne !
ANGÉLIQUE, à demi voii et tOQt en lui donnant les gnnts. Apprenez-donc qu'on veut me donner un mari!
COQUEREL, de même.
O ciel!... et quand donc?
ANGÉLIQUE, de même.
At^ourd'iiui!
H4 LE VUXÈLE BERGISfl.
COQUERELy poussmt un cri Ah!
MADAME BERGAMOTTE^ «'approchant yiVement.
Qu'est-ce donc? >.
COQUEREL^ lui montrant les gants.
Rien! je soupçonne Qu'ils ont craqué!
MADAME BERGAMOTTE^ les regardant Mais non Traffnetit^ Ils Tont bien. . vous deyçz enfin être cqntent! COQUEREL^ à part et regardant Angélique tout en' mettant ses gants*^ Oui^ joliment... joliment!
ENSEMBI.E.
COQUEREL
Ah! quelle gène! ahl quelle peine! etc.
ANGÉLIQUE
Ah! quelle gène! ah! quelle peine! etc.
MADAME BER6AMDTTE.
Rien ne tous gène! plus de peine) C'est fort heureux qu'il tous convienne ! etc. MADAME BERGAMOTTE^ montrant à sa fille la domaine d*où elle a tiré U dernière paire.
Voilà ceux que Monsieur veut prendre.
ANGÉLIQUE^ refermant le paquet avec une ficelle. Oui^ maman^ je Tais les serrer!
(Bas à Coquerel» tout en renouant le paquet.) Gela doit aussi tous apprendre A ne jamais vous déclarer !
COQUEREL^ à demi voix.
J'y pensais!... et j'allais...
ANGÉLIQUE
Gela sert à grand'uhose!
COQUEREL
Me déclarer en vers! **
A^GÉLIQUE^ avec impatience.
Mon Dieu, parlez en proso!
COQUEREL^ vivement.
Vous croyex ?
ANGÉLIQUE, de même.
Dam ! ce soir il ne sera plus temps COQUEREL, de même.
Moi qui me meurs d'amour!
VADAMB BER6AM0TTE, qni B*est approehée, panant sa tète entre eux deux.
Dieu! c^u-estrce que j'entends?
COQUEREt.9 stupéfait.
Elle écoutait! ... quel orage s'apprête !
(Haut et balbutiant.) Oui, c'est moi... qui pour tous...
(Se reprenant») • tv Non... qui pour elle éprit
D'un sentiment...
MADAME BERGAMOITB^I^ colère.
Monsieur!
COQDBREL^ TiTement.
Concentré... mais honnête.
N'osais et n ose ^ncor^ dans le trouble où je suis...
MADAME BERGAMQTTE^ en fureur.
Qu'est-ce à dire^ Monsieur?
ANG^lQUE.
Ça Yftut dji-e qii'il m'ain^l C0Q0ÇR6|«.
Oui, voilà I9 yr^ mpt ; je Jî^imel
A^ÏGÉl'IQUE.
Et qu'il demande h m'épQuser!
CPQUEREL.
Oui^ je deiQçmde à l'épouser!
ANGÉLIQUE
Vous priant par gràcp suprême..*
ÇOQUEREL.
Vous priant par ^fâce suprépie.*.
AliiGÊUQqR.
De... de ne p^s le refpsfir!
coopEREI-.
Oui, n'allez pas me refuseir!
Elle a tput dit mieux que iQpi-n)ême!
ANGÉLIQUE ET CQQUÇRpL,
Parles! parlez! daigne^ ne pas nous refuser!
ENSEMBLE OU l'uN APRÈS l' AUTRE.
MADAME BEBGAMOTTE.
Non, non^ point d'alliapce^ Ma fierté doit s'y refuser* Et c'est déjà trop d'insolençç Que d'oser me le proposer.
416 LE FIDiLE BSRGBR.