ACTE II, SCÈNE IV
Un yiel amoureux!
Son âme Qui s'enflamme.
Veut pour femme Fillette aux beaux yeux!
( Faisant avec sa main le geste de compter des écus. ) On prétend qu'il a de ça^ Et ton père en voudra!
Et moij je dis tout bas.
Que de lui je ne veux pas!
Ah! ah! ah! ah!
Ah! ah! ah! ah!
( A la fin de ce couplet , Zerlina disparait un instant et entre par la porte de
gauche, toujours en chantant.)
DEUXIÈME COUPLET
Sévère Centenaire Et colère^ n gronde toujours!
Qu'importe Qu'il apporte Somme forte.
Au lieu des amours!
( Mettant la main sur son ccBur. ) Gennaio n'a que de ça...
Mon cœur le préféra!
Remportez vos ducats.
Le bonheur ne se vend pas!
Ah! ah! ah! ah!
Ah! ah! ah! ah!
8C0PGTT0, à Zerlina, qui lui donne le bouquet qu*elle tenait à la main.
Merci, ma sœur, merci de tes bouquets et de tes chansons... sans toi, cette pauvre auberge, au milieu de la forêt, recevrait peu de voyageurs... mais, en suivant ta voix, on se perd dans la montagne... on arrive ici... pas d'autre gîte... on y soupe, on y passe la nuit... et c'est tout bénéfice pour l'aubergiste!
Cest juste, frère... Mais parfois vous m'envoyez sur un point élevé de la montagne, en me disant : Chante à telle heure, pendant quelques instants... et il n'y a pas là de voyageurs, au contraire... car vous me recommandez de dispareditre au
162 hÂ. siRiNX.
moindre bruit^ et de me soustraire à touB les regaids... Pourquoi?
scopEnrro* Pomquoi? je vais te l'expliquer l.«. Quand je suis venu te chercher, d'après la dernière volonté de notre père...
ZBRLraA..
Un brave homme, n'est-ce pas?
SCOPETIO*
Oui, un brave!... Et quand je t'ai emmenée avec moi, par son ordre... qu'est-ce que je t'ed dit... toujours par son ordre?...
ZERLINA
Qu'il fallait vous obéir aveuglément sans jamais rien vous demander!
SGOPBITO.
Eh bien!
zerliua»
C'est vrai ! JB n'y pensais plus !
SCOPETTO.
Et si ce mystère n'a pour but que de te rendre heureuse?...
ZERLINA
Vous avez raison !... je n'ai pas besoin de comprendre.
8C0PBTT0.
A la bonne heure!... et puisque nous sommes sur ce chapitre, il se peut que je sois obligé de faire un voyage!
ZERLINA
Sans moi, frère?
8C0PETT0.
Sans toi, sœur!... Pom* quelque temps seulement... Tu retourneras à Naples, chez ces braves commerçants qui t'avaient recueillie...
Et que vous avez si généreusement récompensés...
SCOPETTO.
Pas autant que je l'aurais voulu?... Tu vas reprendre le costume de ville que tu portais dans leurs riches magasins... et tu partitas tout aussitôt pour les rejoindre.
ZERLINA
Déjà!
j SCOPETTO.
I Eux seuls exceptés, tu ne dkas à personne que tu as un
frère...|lllefaut!
ÂGTl II; SGÂNE IV. 163
ZBRLINA.
Oui; frère.. > Mais quand reviendrez-vousT
SCOPETTO.
Bientôt! pour te marier!
ZBRUIfA, étoile
Moi!
SCOPETTO.
Oui, je reviendrai.^, avec une belle dot... tu en auras une, je te le jure... ou j'y mourrai!
ZE^LUIA.
Eh bien ! par exemple ! . . . est-ce que je ne peux pas attendre?
SCOPETTO.
Ah! tu n'es donc pas pressée?
Non!
SCOPETTO.
Je comprends... tu n'as pas fait de choix... tu n'as pas d'amoureux?
IKBMHAi
J'en ai un!
800PETIÛ.
Depuis quand?
ZBRLmà.
Toujours!... depuisque je méconnais... depuis que j'existe!
BCÙPETtO.
Et tu ne m'en as jamais rien dit?
ZfiRLWA.
Dam! vous ne m'en avez jamais parlé!
Eh bien ! alors, qu'il vienne^ qu'il paraisse!
ZERLINA
Plût au ciel !... mais il ne peut pas... il est absent... et voilà pourquoi cela m'arrange d'attendre... parce que pendant ce temps-là...
8C0PEITO.
11 reviendra.
ZBRLINA.
Comme vourdites!
164 LA siRÈms.
DUO
8C0PETT0.
C'est quelque ouvrier I
ZERLINA
Mieux qu'un ouvrier!
SCOPETTO.
Un jeune fermier?
ZERLINA
Bien mieux qu*un fermier!
SCOPETTO.
Je Tois enfin qu'il sait te plaire-!
ZERLINA
Ah! TOUS Toyeijuste^ mon frère!
Aussi^ je ne suis pas sévère...
Vais ayant tout, dis-moi^ ma chère^ Quel est son métier?
lERLINA ^ désignant de la main l*épaaletta Un noble métier!
SCOPETTO, a^ee joie.
C'est un officier?
ZERURA.
Un bel officier!
ENSEMBLE
ZERLINA
Quel trouble j'éprouyel Mon bonheur est sûr^ Car mon frère approuva Le choix du futur !
Ivresse précoce^ Que je sens déjà.
Nous ferons la noce Qaand il reviendra!
SCOPETTO.
Oui, je te le prouve.
Ton hymen est sûr.
Moi, frère, j'approuve Le choix du futur!
D'un bonheur précoce Son cœur bat déjà.
Nous ferons la noce