SCÈNE VIII
BABYLAS, seul.
VoUà une afiaire terminée et ma mission remplie avec honneur... Encore quelques heures et je retoui^ne au pays... et cette fois ce ne sera pas comme la première... Quelle réception m'attend!... quelle fête!... quel tiiomphe!... Et mon parrain, qui me dira: Bravo , Babylas! Je ne te reconnais plus... Je le crois bien!... il n'y a plus moyen maintenant de m'attraper ou de m'en faire accroire... Quand on a étudié trois ans chez les hommes et surtout chez les femmes comme notre jeune veuve... ça vous forme diablement un diable!
PREMIER COUPLET. 1
Jadis par un sort fatal^ Tout le monde^ au pays natal^ Avec moi sortait des bornes !
Depuis messieurs les lutins Jusqu'aux moindres diablotins^ Chacun me faisait les cornes!
A présent, t
C'est différent; Pour duper
Et pour tromper.
Je suis docteur
Et professeur !
Diablotiiis trop ignorants!
26 LE D14&LE À L^GOLE.
Sur terre allez à l'école^ ' Et Yous reviendrez savants.
(La nuit vient peu à peu pendant le couplet sûvaiit.)
DEUXIÈME COUPI^.
Autrefois^ pour la bçaJk Je me serais précipité Dans le bitume ou l'asphalin!
Timide^ môme en enfer^ Près d'une belle au regard fier^ ^ La crainte m'aurait dit : Halte t
A présent.
C'est différent; Pour mentir
Et pour trahir
Je suis docteur
Et professeur... *^^
En quittant la métropole.
Diablotins trop innocents.
Sur terre allez à l'école £t vous reviendrez savants.
SCËNE IX.
BABYLÂS^ FIÂMMÂ, tenant à la main un bougeoir aUuaéret* portant aoâflf son bras un panier qui contient tout ce qu*il faut poar le eeuTert. Elle pose sur la table à droite son bougeoir et son panier.
BABtLAS^ à part.
Ah ! c'est la belle Fiamma !
FIAMMÂ^ Taperoevant et tressaillant.
Ah! mon Dieu!... encore lui! quand une fois il est dans une maison... il parait qu'il n'en sort plus ! (EUe ricuie en voyant Baby-
las qui s'avance yers elle.)
BABTLAS^ s'anétant.
Eh bien ! ... eh bien ! . . . crois4u donc qœ je te veux du mal. . • tu ne me connais pas!
FBUUHA, ttBoMeineAt.
C'est parce que je tous connais... qu^ j'ai peur!
BÂBTLAS.
Et tu as tort!... je n'ai de pouvoit stir les gens qu'autant qu'ils m'en donnent eux-mêmes!
FIAMMA
Je le sais bien... et par Notre^'Oàme^ bâ i>atronne qui me
SGÂNE IX. 27
protège. . . j'espère biem n'êff e jamais tentée du démon. . . Quand je pense cependant que j'ai dansé avec lui une saltarelle...
BABtUS.
Où est le mal?
FIÂMMA.
Un très-grand!... Voyez-vous, jeunes fiUes^iCe que c'est que d'aller à la danse... le diable vous y attend.,, et ces bijoux... cette bague... qu'il m'offrait tantôt «.. l'esprit malin vous éblouit et vous séduit par là.*. J'^i manqué y auDOomber.
En vérité... (vwe9i««t.) AJbUi tu voubÛ9...
^ ruifllA^ effrayée.
Quoi donc!...
BABTLAS , la regardant et panaat | drotte» pendant que Fiamma, prenanl son panier^ pave à gauqhe mettre le eovtert.
Rien... rien! (a pvt4 Une jeune fille... simple, naïve et innocente. . . ce serait là une conquête bien autrement glorieuse. . . que celle de son maître... qui tôt ou tard nous reviendra toujours... (Haut à Fiamma qni a 6té du panier la nappe et les assiettes et qui eommence à mettre le OMnrart.) Qu'est-ce que tu fais là?
FIAMMA
Vous le voyez bien... je mets le couvert de Monsieur...
BABTLAS.
Tu en mets deux...
FLOOIA.
Dam!... puisque vous êtes sorcier, vous àefet deviner pour qui est le second?
BABVLAS.
Pour moi!... peut-être... c'est très-aimable à lui...
FIAMMA
Allons donc!... il attend meilleure compagnie que ça— c'est moi. Monsieur, moi qui aurai cet bonneur-là, que je paierais aux prix de ma vie...
BABTLAS.
Alors... et à moins que tu ne te dépêches de servir, ton maître risque fort de partir sans souper, car aujourd'hui... je l'emmène. ^
FIAMMA^ quittant to table et aoçouranit 'vivepieAt wprès de lui.
Vous l'enunenez!...
BABTUS.
A minuit!...
28 L£ DIABLE A l'ÉGOLE.
FIAMMA^ toute tremblantet
Luiîw, aon maître?...
ROMANCE
PREMIER COUPLET
A genoux^ je tous en supplie!
Laissez fléchir votre rigueur !
£t pour ajouter à sa vie Prenez ma vie et mon bonheur I Oui, dans le destin qui l'accabfe^ Hors mes jours qu'à lui j'engageai, ie n'ai rien^ monseigneur le diable.
Mais j'offre^ hélas! tout ce que j'ai.
Prenez... prenez tout ce que j'ai!
DEUXIÈME COUPLET
Si riche le ciel m'eût fait naitrt.
S'il m'eût donné titre et grandeur^ A l'instant, pour sauver mon matb*6f Je les donnerais de grand cœur!
Mais pour payer dette semblable.
Hors mes jours qu'à lui j'engageai.
Je n'ai rien^ monseigneur le diable.
Mais j'ofifre^ hélas! tout ce que j'ai.
Prenez ! prenez tout ce que j'ai !
DUO
BABTLAS.
En faveur de ton maître un dévoûment si tendre Ressemble à de l'amour!... et c'est à s'y méprendre!
FIAMMA, naïvement.
Et quand il serait vrai!
BABTLAS, secouant la tête.
J'entends ! . . . j'entends très-bien !
Et si pour le sauver il n'était qu'un moyen?...
FIAMMA, vivement.
J'y consens! queïest-il?
BABTLAS, avec joie, se frottant les mains et s^avançant verg ellst
Vivat!... Eh bien!...
(Fiamma, effrayée, se réfugie près de la madone qui est à droite.) Viens alors?
FIAMMA, toujours près de la statue.
Ehl pourquoi?
BABTLAS.
C'est en vain