SCÈNE VIL
LA- REINE, assise, ESTRELLA, entrant avec précantion.
ESTRELLA, à part.
Il n'est plus là. (uant.) Madame ! .
LA REINE, se levant.
C'est toi, mon enfant, viens...
ESTRELLA
Madame!...
Tu es bonne, toi, je le sais. (Elle lui tend la main.)
ESTRELLA, avec effroi.
Oh! Madame, je vous en prie, ne me tendez pas ainsi votre main, car je voudrais l'embrasser, et,,,
Eh bien ! as-tu peur?
ESTRELLA
Oui
Ah ! je comprends. . . l'étiquette ! . • . voilà ce qu'elle ine vaut. . . ceux qui voudraient m'aimer s'éloignent de moi avec crainte Tu as raison... Va-t'en.
ESTRELU.
Oh! c'est égal^ personne ne me voit... (EUe saisit U naiii 4e la
rdne et Tembrassé , en tombant à ses ^bbouz.)
Que fais-tu? (sue regarde aatovr d'elle avec crainte.)
ESTRELLA
Personne! personne! (La reine la relèTe aTee tendresse.) Ma bonnc
souveraine > je serais bien heureuse... si je n'étais pas si triste à cause de ce pauvre don Femand... mais il n'est pas coupable^ n'est-ce pas?
Je n'en sais rien!... je dormais!... mais du reste le pauvie jeune homme!... c'était sans le vouloir! je l'ai bien vu!..>
ESTRELLA, Tivement.
Vous l'avez vu?...
LA REINE, se reprenant.
Je veux dire : je l'ai rêvé!
ESTRELLA, regardant la reine» pois souriant à part.
C'est juste!... quand on dort!... et mourir pour cela!
C'est précisément ce que je disais tout à l'heure.
C'est ce que diront toutes les femmes, et si cette loi existait pour nous toutes, monseigneur le régent ne me tourmenterait pas comme il faut!
Que veux-tu dire?
ESTRELLA
C'est depuis bien longtemps que j'ai à me défendre contre lui... enfin quand il a fait mon mariage, j'ai cru qu'il renoncerait à ses vilains projets, mais depuis ce matin, il recommence... et tout à l'heure, devant mon mari, il m'a glissé ce petit billet où il me menace...
Un billet... donne... (Elle le prend et va le lire près des bougies plaeées sur la toilette.)