SCÈNE IL
STENIO, près de la table à droite, FIAMMA, portant une corbeille
de fleurs.
FIAMMA, s^^pprocbant de Stenio et le -voy4piit plonge 4^s ses réflexions.
Allons, le voilà encore danâ ses idées sombres... il ne m'a seulement pas entendu arriver, (parlant à mi-voix.) Seigneur Stenio !... mon msâtré! (Se touchant le iroÀ avec laî màin.) PersOtinC à
la maison, impossible d'en obtenir une parole... (Lui touchant légèrement Pépauie.) Mou jeune maître !
STENIO^ semblant se réveille^.
Que voulez-vous?... il n'est pas temps encore.
FIAMMA
Eh! mon Dieu!... quel air effrayé! Èassurez-vous, mon maître... c'est moi, c'est Fiamma, votre servante, votre sœur de lait.
STENIO, lui tendant la main.
Et une amie véritable !
riAMMA.
Pour ce qui est de ça... je n'ai pas besoin de vous le dire, parce que vous le savez bien.
STENIO
Oui, oui, je connais ton dévouement, j'eh suis sûi^î
FIAMMA
M'est avis au contraire que vous n'y croyez pas... car vous êtes triste à vous tout seul... et autrefois nous l'étions à nous deux... vous n'aviez pas un chagrin que je n'en eusse ma part! c'était là d'un bon maître, tandis que maintenant...
STENIO, comme rappelant ses souvenirs.
Oui, quand j'ai eu follement dissipé la fortune de mon père, le plus riche joailler de Venise, tous mes amis m'ont abandonné, toi seule es restée près de moi... m'a servi pour rien, m'a presque nourri de ton travail... car habitué au luxe et à l'oisiveté, je n'étais bon qu'à faire un soldat. >. Je Hb voulais, je l'aurais dû!*..
sçiNx ^. s
Une belle idée!... et à quoi bon yqub rappeler tout cela... f9'êtes-Tous pas, ipainteoant, plus richiB qiie jamais ! ... ne tous est-il pas tombe du ciel la succession de votre oncle Orlando... un oncle que je ne vous avai^ jamais connu!... moi, votre sKBur de lait, et avec la fortune, tous vos amis m sont-ils pas revenus?
(Test vrai!
fîMOLh.
A telle (BnseigQje, que ce sont tous les jours des repas de pripce, que je ne peux pas y suffire... Ce scmp encore, un souper piagniQque.
STENIO, se ImraaI.
n q'aura pas li|3u.
FIAMVA.
Et pourquoi donc?
STBRIO.
Je souperai seul... oui, seul, avec toi,
FIAMMA
Avec moi!... Est-U possible?... un pareil honneur! le vais me croire encore au temps où vous étiez maliwareux... c'était mon bon temps^ à moi... Et d'où vous vient, mon maître, une si bonne idée?
STRNIO.
C'est que demain je pars, je te quitte.
FIAMMA
Ah! voilà toute ma joie qui s'en va... vous partez?
Pour bien loin d'ici, un voyage qiii durera longtemps.
FIAMMA
fit vous ne m'emmenez pas?...
STENIO
Je ne le puis... ft
FIAMMA
Eh! qui donc vous servb:a?... qui donc vous aimera, n^qr. maître?...
STENIO
Ne parlons pas de cela!... Il faut que je parte, il le faut... c'est atrfié, c'est convenu!
4 LE DIABLE A l'ÉGOLE.
FIAMMA
Est-ce que vous allez rejoindre à Vérone la belle Lélia Bentivoglio, cette jeune veuve que vous aimez tant et que vous devez, dit-on, épouser...
STENIO
Plût au ciel!
FIAMMA, Tlvement.
Est-ce que le mariage n'a pas lieu?
STENIO^ de même, a^ec embarras.
Si vraiment... mais à cause de ce voyage!... J'espère cependant encore qu'avant mon départ... (atcc impatience.) Enfin, peu importe, il ne s agit pas de moi, mais de toi, Fiamma, dont je veux assurer le sort... parce que, quand je ne serai plus là...
FIAMMA
Quand vous ne serez plus là, mon maître, je n'aurai besoin de' rien.
STENIO
Pour cela, il faut que tu aies une fortune asnirée... une belle dot, et je m'en charge.
FIAMMA
Je vous remercie... je ne suis pas comme vous^ je n'ai pas envie de me marier.
STENIO
Quoi! vraiment... tu n'as pas d'amoureux?
FIAMMA
Non, mon maître, je ne suis ni aimable, ni jolie... personne ne m'aime.
STEKIO.
Ce n'est pas poss&le!
FIAMMA
Cela est, cependant, et je vous jure par Sainte-Marie del Fiore, ma patronne, qui est là et qui nous entend... que mon seul désir est d'entrer dans un couvent!
STENIO
Toi!..
FIAMMA
Oîi je prierai pour vous, pour votre femme et vos enfants!., à moins que vous n'ayez besoin de moi... Alors, vous me direz : Viens, et j'arriverai. Eh bien! est-ce que ça vous fait de la peine, ce que je vous dis là? je vois des larmes dans yos yeux!
9GÂNE III. 5
STENIO
Non, non, mais j'ai besoin d'être seul, je n'y suis pour personne... pour personne, entends-tu bien!
FIAHHA.
Oui, mon maître, et toujours... A tantôt, à souper!.,, cela se trouve d'autant mieux... que c'est aujourd'hui ma fête et celle de Notre-Dame-des-Fleurs, ma patronne.
STENIO
L'Assomption! ciel! Adieu! adieu!