ACTE II, SCÈNE IIÎ
LORÉDAN, aux deux jeunes filles.
Merci, meroi, mes jeunes amies, mais au fond de ce vaisseau et pendant le combat vous avez eu bien peur?
HATDÉE ET RAFAELA.
Oui! pour vous!
DOMElilICO.
Et il y avait de quoi! on n'a jamais vu s'exposer ainsi! vous étiez partout.
LORÉOAlf.
Toi aussi! car je t'y ai iclncontré.
DOMENICO
Pardi! je vous suivais!... aussi une belle victoire, je m'en vante!
MALIPIËRI, s'ayançant.
Onze vaisseaux turcs que nous ramenons à Venise..*
LORÉDAM.
Ah! c'est vous, seigneur Malipieri, je vous ai cherché des yeux dans le conà>at, et je vous ai rarement aperçu.
MALIPIERI.
J'observais l'ennemi.
DOMENIGO.
Sa seigneurie observe beaucoup.
HATDÉE, à Rafaëla, qui regarde autour d*eUe atec inquiétude.
Et vous aussi... signora... (a Lorédan.) Mais je ne vois pas mon protégé...
RAFAELA, avec embarras.
Oui... celui que tu avais recommandé...
LORÉDAM.
Tu avais raison de m'en répondre... il s'est battu compe un lion! pendant longtemps, il s'est tenu à mes côtés... niais vers la fin du combat , je ne l'ai plus vu.
MALIPIErI, froidement.
11 est probable qu'il aura été tué !
RAFAELA.
ciel !
HATDÉE, à Yoix basse, et lai serrant la main.
Taisez-vous donc 1
LORÉDAN , à Malipieri.
Non!... il n'est, grâce au ciel, ni parmi les morts... ni parmi les blessés... je m'en suis déjà informé.*, mais il a disparu...
diî HATDEE.
DOMENICO
C'est lui que j'aurai vu se jeter dans une chaloupe avec une dizaine de bombardTers^ des Dalmates qu'il emmenait.
MALIPIERI.
Des soldats de ma compagnie...
DOMENICO9 à Lorédan.
Ils étaient là les bras croisés... ça les ennuyait^ ces braves gens !
MALIPIERI.
Et je 'demanderai comment, malgré mon ordre et mon exemple...
DOMENICO
Ils ont été s'exposer...
LORÉDAN, à Domenieo.
Silence!... nous le saurons!... (aux soldats.) Voiis vous êtes bien battus, mes amis, votre devoii* est fini... (a Domenieo et aux
matelots, leur frappant sur Tépaule.) J'ai défendu de jOUer... mais JC
n'ai pas défendu aux vainqueurs de chanter et de boire!...
DOMENICO , avec une explosion de joie.
Vivat!
LORÉDAN, souriant.
Avec la modération qu'on doit toujours garder... même dans
la victoire!... (a Haydéeet à Rafaëla qui font quelques pas pour le suivre.)
Restez ! vous serez mieux ici, sur le pont... au grand air. (a
plusieurs officiers.) Vous, McSSicurS, SUÎVeZ-moi! (il descend par l'escalier du fond, dans le second pont, suivi de tous ses officiers.)
DOMKNICO, sur le bord du théâtre, à droite et à part.
Oh bien ! puisque l'amiral le permet, je vais chercher le baril de rhum pour renouer connaissance avec lui. (a descend par
TeaqiUer du fond.)
S€ÈNE IV.
Matelots au fond du théâtre, assis ou couchés, d'autres occupés à difTêrents travaux : RAFAELA s'est avancée rêveuse au bord du théâtre ; HAYDÉE.
HAYDÉE, s'approchant de Rafaëla, et à demi voix.
Si pensive et si triste en un jour de victou'e!
RAFAELAy vivement, et sortant de sa rêverie*
Moi!...
HAYDÉE, souriant.
Et rintéïêt que vous portez à mon jeune protégé qui me