SCÈNE X
LORÈDAN> seul OA faistant , et plongé dans ses réBexions; puis A^HfiA , amené par HAYDÉË, qai lui fait signe d'avancer.
LORÉDAN y entendant marcher près de lui et se levant brusquement.
Qu'est-ce ?.. qui va là?
HATDÉE^ doucement.
C'est moi, maître... je viens de voir Andréa... à qui j'ai raconté.».
LORÉDAN y avec impatience.
Quoi... que lui as-tu dit ?
ANDREA^ qui s*est approché.
Tout ce que vous vouliez faire pour moi... ce commandement que Malipieri me disputait et que vous m'avez accordé.
324 HATDÉE.
LORÉOAN^ à part.
ciel !
HATDGE.
C'était justice.
AISDREA.
Oui, j'ai enlevé ce bâtiment à Tennemi. Je vous Tavaîs promis... mais vous aussi, mon général, vous avez tenu vos promesses.
LORÉDAN, à part.
Et comment lui dire maintenant...
ANDREA, avec chaleur.
Aussi ^ dans ma reconnaissance... je me ferais tuer pour vous.
LORÉDAN, baiitaat les yeux et détournant la tète.
Non... non... je ne suis pas digne d'un pareil dévouement... car ce que j'avais promis... ce que je désirais faire pour toi... m'est impossible...
ANDREA
ciel ! et pourquoi donc?
HATDÉE.
C'est Malipieri qui l'emporterait!
LORÉDAN
Non... ce n'est pas lui... mais les lois de Venise auxquelles je dois obéir... et qui ne permettent de confier le commandement d'un vaisseau... qu'à un noble... à un membre d'une famille patricienne...
HATDÉE.
Est-il possible?... i
LORÉDAN
Et mon choix... aussitôt mon arrivée à Venise, serait cassé par le conseil suprême... le conseil des Dix, plus puissant que le doge lui-même !
ANDREA
N'est-ce que cela, mon général? rassurez-vous; votre choix sera confirmé par eux tous.
LORÉDAN
Que veux-tu dire ?
ANDREA
Que je suis noble, que mon père était patricien.
LORÉDAN, à part.
ciel! (Haut.) Et ce nom... pourquoi l'avoir caché?
iUGTE II; SGÉNE X. 325
ANDREA
J'attendais pour le reprendre que je l'eusse réhabilité!... A ▼ous^ mon général... mon bienfaiteur;., je puis tout vous dire. Dans une soirée fatale... dans une partie de jeu... mon père qui avait d'abord gagné des sommes inunenses... vit tout à coup la fortune tourner contre lui... et, ce qui arrive souvent en pareil cas , devenir aussi constamment funeste qu'elle lui avait été favorable... 11 perdit tout et même ce qui ne lui appartenait pas... entre autres l'héritage de sa nièce dont il était d^sitaire... en rentrant chez lui... il se tua !
LoidtDAir.
ciel !
ANDREA
Oui; mon général... il s'est tué... et mol; cachant le nom de ma famiUe... ce nom jusqu'alors pur et intact... je partis bien jeune encore , sur un vaisseau marchand. J'ai regagné pai' le commerce de quoi acquitter toutes les dettes de mon père. Je paierai tout... je le puis... il ne me restera rien... mais je suis marin, mais j'ai combattu soils vos yeux... j'ai maintenant un patrimoine que rien ne j^wra m'enlev^... la gloire que j'ai acquise... et le grade que vous m'avez dorâé.
, LORÉDAN, qui pendant le récit précédent a contenu avec peine son émotion.
Ah!... c'est trop de tourments... achève... Ton nom... celui de ton père...
ANDREA
Donato. . . l'avogador ! ! !
é FINAL.
LORÉDAN, poussant un cri de terreur et restant immobile. Ah! justice du ciel!
JpUiTDÉE; poussant un cri de joie et courant près d*Andr«a.
A peine j'y puis croire !
Est-ce vrai?
(Andréa et Haydée remontent le théâtre en causant vivement et à voix
pendant la cavatine fuiTante.) LORÉDAN, à part.
J*hésiterais eocor!
J'ai déport Hé le père de son «r Et je dépouillerais lui... son fils, de sa gloife! Non, noû, jamais! allons! du cœur I OsoQS braver même le déshonneur!
326 HAYBÉE.
(Regardant de loia Andréa, qui cause ftvec Haydée.) Oui, le ciel m'éclaire, Je dois aujoard'hiii Remplacer le père Qui m fat ravi.
(a part, et letaàt les yen an dcH.) Et toi, Donato, pardonne!
De plni qu'exigerais- tu !
Ponr lui, poat ton fils» j« donna Bieà plus (lue tu n'as per Ju Y ,
(a Aidrea.) ' Oui, le ciel m'éclaire :
Je dois aujourd'lmi Te rendre le père Qui te fut ravi!
(Sur un geste de IfOrédao, Domeiiieo» qai Tient d*eat(er^ sooae U clocha qui •$
aa pied du grand znât.)