MATHIEU, LÉOPOLD
I^ÉOPOLD,
C*est vous. Monsieur, vous qui me faites Thonneur de veipir chez moi? Qui me procure cette bpnne fortune?
MATHIEU
Une bonne fortune, qui peut-être en dérange une autre!
LÉOrOLD.
Nullement. U y avait si longtemps que je n'avais eu le pl$u$ir de me rencontrer avec vous!
i96 AMITIÉ !..
MATHIEU
Oui 9 voilà quelques années que nous nous sommes perdus de vue; mais j'entendais toujours parler de vous... des succès à tous les théâtres, de la réputation, de Targcnt... tout vous a réussi.
LÉOPOLD
Et à vous aussi, je l'espère.
MATHIEU
Moi? moi? ce n'est pas de moi qu'il s'agit... mais de votre ami M. de Mailly, mon gendre, dont ma ûUe est inquiète; depuis cinq ou six semaines nous sommes sans nouvelles de lui.
LÉOPOLD
J'en ai reçu il y a huit jours , au sujet d'un théâtre qu'on voudrait établir aux eaux de Bade, où se trouve en ce moment la plus brillante société de l'Europe.
MATHIEU
11 ne vous parle pas d'autre chose?
LËOPOLD.
Non, en vérité!
MATHIEU
Je vous suis obligé. Adieu. (ll fait quelquds pad et revient.) Je
voulais cependant vous demander encore une cbose en mon nom... bien entendu.... ou plutôt... parce que je ne vois pas pourquoi je me gênerais...
Vous avez raison... entre amis!..
MATHIEU
Au contraire !.. c'est entre amis qu'il faut se gêner; mais aux termes où nous en sommes... je vais droit au fait. Ma fille, ma pauvre Hélène (c'est sans doute une affaire entre sou mari et vous), m'a prié de m'iuformer avec adresse, et comme si cela venait de moi, si vous avez vendu vos actions de canaux.
LÉOPOLD , avec trouble.
O ciel! moi!
MATHIEU
Vous!..
LËOrOLD.
Non, Monsieur!
MATHIEU
Tant pis pour mon gendre... une nouvelle perte à 6ubir..«