‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 50 sur 211 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

d'hAVRËCOURT^ froidement.

. C'est possible !

GABRIELLE^ vÎTcment.

Et moi, j'en suis sûre!., car cette petite madame de Nanteiiil... elle qui devait partir pom* Tltalie... pourquoi ne partelle pas, je vous le demande !..

d'hAVRECOURT^ très-aimable.

Ah ! je ne peux pas vous le dire.

GABRIELLE

Oh! du reste... (cherchant à se modérer.) du reste, tout Cela na'tet fort indifférent ! Autrefois, quand j'étais assez folle pour aimer mon mari... j'aurais pu... mais après ce que j'ai vu tout à l'heure... après cet oubli complet... je ne dirai pas de moi... mais de toutes les convenances...

d'uavrecourt.

Oh! écoutez donc, ma chère nièce, il a peut-être bien une excuse!

GABRIELLE

Lui, mon oncle! lui!., un homme marié!

d'havrecourt. - Marié!., ah! c'est qu'il ne l'est plus...

Gomment^ mon oncle!..

D'HAVREGODT, finement.

Ou presque plus!..

Air : Ces postiUont.

Depuis an mois mattre de sa personne, Il reste seul, toujours seul en ces lieux.

Jeune mari, qu'ainsi Ton abandonne.

N'en a pas moins un cœur tendre..* et des yeux ..

GABRIELLE

Quoi ! vous croyez!

d'havrecourt.

C'est du moins très-chanceux!

JEANNE, qni s*est approchée.

Oui, c*est, marraine, une imprudence extrême De les laisser ailleurs porter leurs pas :

Y a tant d' maris qu'on n' peut pas garder... même...

En ne les quittant pas !

(Elle yu se rasseoir sur le banc, et dresse son dessert.)

GABRIELLE

Et Cependant cette lettre qu'il m'a adressée ce matin...

d'havrecocrt.

J'ai eu toutes les peines du monde à la lui faire écrire... c'est moi qui l'ai dictée...

GABRIELLE

Vous!., ah! mon bon oncle !

d'havregourt.

Il se repentait déjà de l'avoir envoyée... lorsque la réponse de votre mère... est venue le dégager... et le rendre, comme auparavant, entièrement libre... et garçon!

GABRIELLE, ftvec effroi.

Ob! mon Dieu!., (câlinant.) Heureusement vous êtes là... mon bon oncle... car vous êtes bon... et vous m'aimez, j'en • suis sûre... moi, je vous aime déjà...

d'havregourt, « part.

Pauvre petite ! elle m'attendrit.

GABRIELLE, eâlinant.

Et VOUS ramènerez mon mari, n'est-ce pas? vous lui conseillerez, comme vous l'avez déjà fait ce matin... de céder...

d'havregourt, à part.

J'allais me laisser prendre comme mon neveu. (Haut.) De céder...

GABRIELLE, de même.

Oui! de faire quelques avances... quelques excuses... eufin^ de demander une espèce... de... pardon, (vivement.) si peu qu'il voudra...

d'havregourt.

Lui!..

GABRIELLE

Pourvu qu'il ait l'air de revenir le premier... c'est tout ce qu'on veut, tout ce qu'on exige ! . . pas autre chose !

d'havregourt, avee ironie.

Vraiment !

GABRIELLE, avec impatience.

Eh! mon Dieu! oui^ pour que cela finisse!., car enfin...

d'havregourt, à part.

Ce sont les leçons de la marquise; il paraît qu'elle fait des élèves!..

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