SCÈNE xr
GABR1ELLE, JEANNE.
GABRIELLE^ avec colère.
Et je dis, moi, que s'il ose refuser!..
JEANNE
Comment , marraine î . .
GABRIELLE, très-animée.
C'est qu'il n'y a pas d'exemple d'une obstination pareille!., mais il paraît que dans la famille ils sont tous ainsi... Toncle !.. le neveu! . . entin, tu l'as tu, il n'y a que moi de raisonnable !».■ je faisais des concessions!
JEANNE ,' avec douceur.
Oh!., oh! marraine... y pensez-vous, vous mettre en une colère pareille...
GABRIELLE, de même.
Quand on me traite conime un enfant... quand on me parle de céder... d'obéir...
JEANNE, en confidence.
A son mari... où est le mal?.i. faut obéir à son mari, ma marraine... il n'y a pas de honte à cela... (jouant avec son tobiier.) et il y a quelquefois de l'agrément...
GABRIELLE
Tais toi!., tais-toi, si ma mère t'entendait.
JEANNE, s' animant.
Eh bien, quand elle m'entendrait... madame la marquise est la belle-mère de M. Raoul, elle ne peut pas savoir ce que vous pensez... ce que vous éprouvez... Elle fait la guerre à son aise.... ça ne lui coûte rien... mais à vous... c'est différent! à moins que vous n'aimiez plus votre mari !
'GABRIELLE, à Toix basse et arec force.
Mais au contraire!., plus que jamais, je crois... (atcc mutinerie.) C'est ce qui me rend furieuse!
JEANNE
Eh bien! alors...
GABRIELLE
Mais m'humilier... mais revenir la première... ma mère n'y consentirait jamais...
JEANNE
C'est vous que cela regarde.
Elle me renierait pour sa fille... et elle aurait raison...
JEANNE
Elle aurait tort, (changeant de ton.) avcc tout le respect que je lui dois!... car vous vous faites une idée terrible de la soumission... mais c'est rien en ménage.
GABRIELLE
Coipment ce n*est rien!... se soumettre comme une esclave?...
JEANNE, gaiement.
Bah! je ne fais que ça, moi!.. M. Shoppen n'a pas une volonté qu'elle ne soit à l'instant même exécutée... ce qui n'empêche pas, sans qu'il s'en doute, (En confidence.) de ne faire que les miennes !
GABRIELLE, avec curiosité.
Ck)mment cela?
JEANNE, après atoir regardé antonr d'elle.
Primo d'abord, je ne dis jamais je veux... mais je tâche, et ça ben gentiment, qu'il m'ordonne ce qui me plaît, et (Avec Toiubiiîté.) alors j'obéis... avec un empressement dont il est ravi... et moi aussi... ce fait que nous sommes contents tous les deux... et voilà!..
GABRIELLE
En vérité !
JEANNE
Air : Comment pêut-on trouver du mal à ça l