SCÈNE XII
RAOUL, sortant du pavillon, JEANNE, GABRIELLE, LA
MARQUISE, venant de la ferme.
LA MARQUISE, à la cantonade.
Oui, monsieur Shoppea... je trouve indécent ces jeux... et ces réjouissances...
JEANNE^ elle court à la porte de la ferme.
Ah! mon pauvre mari. (La marquise est censée écouter Shoppen qui est dans la coulisse à gauehe; Jeanne est prés de la marquise qu'elle ehercbe à apaiser.)
V LA MARQUISE
Hei»?.. on vous les a permis?., et qui donc, ôll vous plaît?
RAOUL, sortant du pavillon & gauche.
Non, mon oncle'a beau dire! je ne signerai jamais cela!..
ma femme!.. (ll fait un pas vors Gabrielle et s'arrête.) Sa mèrC CSt avec elle... attendons! (Il se retire près de la porte du pavillon, se cache derrière les poteaux garnis de vigne qui supportent le balcon.
JEANNE, i la marquise.
Cest M. Raoul; n'est-ce pas, mon homme?.. (EUe entre dans
la ferme.)
LA MARQUISE, avec colère et continuant à parler à droite.
Ah!., c'est mon gendre qui vous a permis de vous amuser... eh bien, moi, je le défends... entendez- vous? Et ma'fille
aussi... (Elle descend en scène.)
GABRIELLE
Cependant, ma mère... mon mari est bien le maître...
LA MARQUISE, très-vite.
De quoi? de cette ferme qui vient de ta dot, et que nous lui avons donnée ?
GABRIELLE
Précisément... puisque vous lui avez donnée... elle est à lui...
LA MARQUISE, haussant les épaules.
A ce compte-là toi aussi... tu es son bien... sa chose, sa propriété ..
Il peut le soutenir...
LA MARQUISE
C'est absurde!., je viens de la ville... j'ai vu... j'ai con-. suite... notre avoué est d'avis que la cause est excellente, le succès certain, et qu'il faut attaquer...
GABRIELLE
Un avoué... je crois bien... c'est que pendant votre absence, M. d'Havrecourt, que j'ai rencontré ici, m'a fait au nom de son neveu des avances...
LA MARQUISE, d'un air triomphant.
Eh bien, quand je te le disais!., il ne faut que du temps et de la fermeté... Us y viennent donc, enfin?
GABRIELLE
Oui, ma mère... ils viennent me prier... d'écrire seulement à mon mari... une petite lettre afiectueuse...
LA MARQUISE, sans l'écouter.
Jamais !
GABRIELLE, vivement.
C'est ce que j'ai dit... en y mêlant, pour la forme, quelques regrets... (se reprenant.) nou... quel qucs manières d'cxcuses...
LA MARQUISE
Des excuses... et tu l'as écouté... et tu Tas laissé achever...
GABRIELLE, TÏTement.
Mais non, maman, puisque j'ai refusé... j'ai refusé.
LA MARQUISE, embrassant sa fille et psalmodiant.
Chère enfant!., tu en seras récompensée... par l'amour et l'estime de ta mère !
RAOUL, toujours sous le baleon et caché derrière le pilier.
Gracieuse belle raaman !
LA MARQUISE
Nous croire capables d'une pareille faiblesse, quand c'est ton mari qui a tous les torts...
GABRIELLE
Je ne dis pas non.
LA MARQUISE
Quand c'est lui qui a failli causer ta mort !
GABRIELLE, ayec hésitation.
Pour ce qui est de ça... maman, il faut bien que je vous le dise, ma vie n'a janjiais couru aucun danger.
RAOUL, à part.
Que dit-elle?