‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 71 sur 211 · BLANCHE, MONTMORIN, DIDIER · texte numérisé non relu

BLANCHE, MONTMORIN, DIDIER

DIDIER, à Montmorin.

Alors venez donc, mon cher^ pour ne pas faire attendre M. Canigou... aussi bien j'ai à peu près fini.

BLANGUK, qui pendant ce temps a repris le jonmal.

Que vois-je! est-il possible!

▲GTB 1, SGÈNS m. 111

MONTMORIN, q«i le dirigeait Yen DIditr •'tnèunt.

Qu'est-ce donc?

BLANGHB.

En rade^ ^0 Saint-Nazaire, arrivant de Saint«Jean d'Ulloa.

MONTMORIN

11 faut bien qu'il en revienne^ puisqu'il y a été.

Mais le Saint-Nasaire... c*est ce vaisseau de l'État qui m'a ramenée. de New-York^ où j'étais allée voir ma tante, il y a trois ans !.. Quel plaisir de le savoir si près de nous. • Vous comprendriez cela y monsieur de Montmorin, si, comme moi^ vous aviez navigué deux grands mois!

AIR : A Vâge heureux de quatorze ans^

Gàt le navire où l'on fut passager

Est une seconde patrie ; A 8OD destin on n'est plus étranger ;

Pour lui sans cesse on tremble^ on prie.

A Fhorizon s'il yient se révéler^ Alors se ravivent sur terre.

Tous les plaisirs dont on aime à parler (a part.) Et les souvenirs qu'il faut taire.

(Elle r«sle pensiye, les yeax aiUchés sur I0 journal ; pendant ce temps Montmorin et Didier ont eommancé à causer, à droite du théitre.)

MONTMORIN, à Didier.

Eh bien! oui, il faut en finir... et pom' eommencer, fixer le jour du contrat.

BLANCHE, & part, à gaaehe.

Ah! mon Dieu!...

DIDIER

Gela m'est impossible ! . . .

BLANCHE, à part.

A la bonne heure!

MONTMORIN

Et pourquoi?...

Nous sommes dans une crise commerciale si forte, qUe chaque matin j'attends le courrier en tremblant; tel hier se croyait riche, qui, entraîné dans un désastre imprévu, apprend aujourd'hui sa ruine... Et ne pouvant me rendre compte

H 2 BiBisa l'honnête homme.

à moi-même de ma position, je ne saurais^ en ce moment, fixer de dot à ma fille.

MONTMORIN

Quelle qu'elle soit, mon fils et moi nous l'acceptons.

DIDIER

Et moi je ne veux promettre que ce que je puis tenir.

BLANCHE, TiTemem.

Mon père a raison... la crise commerciale...

MONTMORIN

Ne nous eilraye pas!... M. Didier est un si honnête homme.

DIDIER

Eh! mon Dieu!... il est aibé de l'être, mes amis, quand la fortune et le bonheur yous ont toujours souri! Pour mériter réellement ce titre, il faut avoir connu les mauvais jours, avoir lutté contre le malheur, et ses mauvais conseils... contre les tentations de la misère; et c'est quand on a traversé pur et intact l'adversité, qu'on peut seulement se dire : Je suis un honnête homme.

BLANCHE

Mais vous, mon père?

Moi?

Air : Quand V Amour naquit à Cythère.

Avec hoDDeur de cette épreuve

Je sortirai^ j'en ai l'espoir;

£t par là j'obtiendrai la preuve

De ma force et de mon pouvoir.

Jusque-là le doute est possible...

On a beau croire à sa vertu...

Gomment peut-on se prétendre invincible

Quand on n*a pas encore combattu ?

(Voyant Canîgou qai r,ep>rait/* gaache.) EuCOrC toî? Qu'CSt-Ce qUC

c'est?

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