‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 73 sur 211 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

DIDIER^ atec eoldre.

Tu les as?

CANIGOU

Oui, Monsieur.

DIDIER

Eh bien! alors, que viens-tu me demander?

CANIGOU

Je vous l'ai dit, Monsieur, un bon conseil, c'est là que je veux arriver.

DIDIER

Tu peux te vanter d'avoir pris le plus long.

GANIGOU.

Ça m'a déjà réussi... car c'est justement en revenant à la maison par la grande promenade... que j'ai vu sous mes pas... ' ce petit portefeuille vert qui ne contenait rien qu'un chiffon de papier de la banque, et comme c'est moi tout seul qui l'ai trouvé, je viens vous demander si je peux le garder.

DIDIER

Garder le bien d'autrui !

GANIGOn.

Il n'a plus de propriétaire... il lui en faut un, autant que ce soit moi ! ... à moins que ça ne me procure du désagrément, voilà pourquoi je viens vous consulter.

DIDIER

Est-ce là seulement ce qui t'eftraye ?.. tu priverais un pauvre diable de tout son avoir peut-être, sans en éprouver des regrets, sans en avoir des remords!...

GANIGOU, an peu troublé.

Si vraiment... j'en aurais... Pour cinq cents {î*ancs!... il y en a de plus heureux qui en ont pour bien davantage.

DIDIER

La somme n'y fait rien!... Un million ou cinq cents francs qu'on a dérobés pèsent autant sur la conscience !... il n'y a pas de bonheur possible avec une méchante action, tu te la reprocherais sans cesse, tu serais malheureux, et dans ton intérêt même, crois-moi, reste honnête homme.

GANIGOU.

Je ne demanderais pas mieux, si j'avais de quoi !..• Mais cet argent-là m'est nécessaire pour mon mariage.

DIDIER, (jui pendant ce temps a ouvert son bureau al y preid M billet de

banque.

Tiens donc! le voilà!..

H6 DIDIER l'honnête HOMME.

GANIGOD.

Est-il possible?..

Garde celui-ci sans remords!.. (LuI arraehtnt le portefeuille des

mains.) Quant à l'autre... j'écrirai... je m'eutendrai avec Montmorln pour découvrir le propriétaire.

GAMGOD.

Merci^ Monsieur^ je n'ai plus rien à désirer.

BLANGUE.

C'est bien heureux !

DIDIER, consultant sa montre.

Neuf heures^ le courrier doit être arrivé , et ces messieurs qui m'attendent, je vais les rejoindre... (a Canigou.) Toi^ apporte-moi mes lettres dans mon cabinet.

CANIGOU

Oui^ Monsieur!.. (ll sort par le fond, et Didier par la porte de gauche.)

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