‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 97 sur 211 · ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII

qui Tai écrit sous la dictée de Raymond, et vous verres qu'il n'y est pas même question de M. Ganigou ni de sa famille.

DIDIER

En vérité ?

MONTMOHIN.

Ce qui était juste f.. Des ingrats!., des fainéants qui ont tous mal tourné, à commencer par celui-ci qui ferait le plus mauvais usage de sa fortune.

DIDIER

Vous cnoyez ?

HONTMORIN.

Et Raymond, qui le connaissait, était bien décidé à ne lui rien laisser.. • c'était son intention.

DIDIER, TÎTement.

Il VOUS l'a dit?

MOMTMORIN.

Je VOUS le jure!

DIDIER, iTeo an mouyement de joie.

Âh!.. (Se reprenant.) 11 me Semble cependant qu'il ne pouvait pas... que Ion ne peut pas se dispenser de faire quelque cbose pour lui... ne fût-ce qu'à cause...

HONTMORIN.

De quoi?

didie:r.

De son titre!.. 11 paraît qu'il est lilleul de Raymond.

MONTHORIN.

Belle raison!., il n'est pas le seul !..

DIDIER, TÎTement.

Vous en connaissez d'autres ?

MONTHORIN.

Certainement!..

Et lesquels?

MONTHORIN.

Mon fils d'abord !..

DIDIER

Votre fils?., à vous?

HONTMORIN. >

Mais oui... à moi!., puisque je vous dis mon fils.

DIDIER

J'ai cru qu'il se nommait Etienne, comme vous ?

i48 DIDIER l'honnête HOMME.

MONTMORIN

Gharles-Éticnne, s'il vous plaît?

DIDIER

Charles!..

MONTMORIN

Gomme son parrain, dont j'étais, vous le savez, le compatriote et l'ami... Raymond avait été le témoin de notre mariage, et ma femme, madame de Montmorin, voulut absolument qu'il fût le parrain de notre premier... ce à quoi il se prêta^ de fort bonne grâce!.. Tant que nous demeurâmes à Marseille... il fut constamment l'intime de la maison... nous ne nous quittions pas... C'est lui qui m'a prêté. les fonds nécessaires pour m'acheter une charge superbe^ ici... à Cherbourg... sans cela^ nous ne nous serions jamais séparés !

DIDIER, troublé et regardaot Hontmorin.

Comment! ce serait?

MONTMORIN

L'exacte vérité... et ce qui nous a même étonnés... madame de Montmorin et moi... c'est qu'il n'ait rien laissé à Charles^ notre fils, qu'il aimait beaucoup... mais beaucoup... car j'ai une vingtaine de lettres... oii il ne l'appelle... que ;son bienaimé filleul... son cher enfant!..

DIDIER, dont rémotion ta toujours en augmentant, s'écrie toute coup.

Eh bien!., donc, s'il faut vous l'avouer...

MONTMORIN

Quoi? qu'avez-vous?

DIDIER, 8*arrètant.

Rien!

MONTMORIN

Que vouliez-vous m'avouer?

DIDIER, cherchant à déguiser son trouble.

Que j'aurais grand désir de voir ces lettres, si bonnes et si affectueuses... de mon ami Raymond... et dès 'que vous pourrez me les remetti*e... me les confier...

MONTMORIN

Parbleu ! dès aujourd'hui ) J'étais venu vous communiquer ce testament en allant à la chambre des notaires... où nous avons aujourd'hui des élections... ça ne sera pas long... j'aurai encore le temps de passer chez moi et de vous apporter, en venant dîner, ces lettres intimes.

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