‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 101 sur 446 · SCÈNE XTtl · texte numérisé non relu

SCÈNE XTtl

HORTENSE

De qui parles^tu?

JULIE

De M. Léon. Je l'ai vu au moment où il sortait du salon; il a écrit à la hâte ces mots au crayon^ et m'a dit de youb les remettre.

HORTBNSE.

A moi ! que peut-il me dire?

JULIE

Ce n'est pas sans doute un grand seci^et, car le billet est tout ouvert.

HORTRNSE, lisant.

(K Je ne puis obéir à vos ordres, Madame^ je suis forcé de « TOUS quitter. Je viens d'avoir, avec mon cousin, une explica- (1 tion qui aurait été beaucoup plus loin*., si je ne m'étais rap- « pelé qu'il était votre mari. Je n'avais plus maintenant qu'un c< seul moyen de vous prouver mon amour : c'était de sacri- « fier mon ressentiment à la crainte de vous compromettre, « et je n'ai point hésité... Adieu, Madame. — Adieu, pour jac( mais! » (a part.) Pauvre jeune homme!

Air du vaudevUle de VHomme vert.

C'est pour la suite que je tremble;

Car, hélas! voilà maintenant

Les deui cousins brouillés ensemble.

HORTEKSE.

Dieu! quel funeste événement!

JULIE

Oui, certes, rien n'est plus funeste Qu'un départ comme celui-là.

Surtout lorsque celui qui reste Ne vaut pas celui qui s*en va.

HORTRNSE.

Il ne t'a rien dit de plus?

JULIE

Non, Madame; il m'a seulement priée de lui accorder une grâce.

HORTENSK.

Et c'était...

JULIE

C'était... devoir Madame pour la dernière fois... afin de lui demander ses ordres.

HORTENSE

Vous avez bien fait de lui refuser,

Du tout^ Madame^ je ne mérite pas \os éloges. Il était si malheureux que je n'ai pu m'y i^oudre et... il est là... à côté.

HORTENSE

' Ou'avez-vous fait! Renvoyez-le à Tinstant... je ne veux pas le, voir.

JULIE

Dites-le-lui donc vous-même^ Madame... car pour moi... je n'en aurai jamais le courage. (Elle sort.)

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