‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 103 sur 446 · SCÈNE XYIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XYIII

DEUXIÈME COUPLET

LÉON

Ce seul mot que j'implore ici Pejit-il donc blesser votre gloire ?

HORTENSE^ troablée.

A votre amitié Je veux croire.

LÉON

Moi^ Madame^ moi^ votre amil Je ne puis être votre ami.

CSe serait vous tromper encore; Sachez mon funeste secret :

Je vous aime, je vous adore!...

HORTENSE^ lui mettant la main sar la l)Ouche. Ah ! si mon mari l'entendait! {bis.)

Je Yous le répète^ Monsieur^ après ce qui s'est passe... il m'est désormais impossible de vous voir.

LÉON

Je le sais^ Madame; mais^ dans le monde, dans d'autres sociétés... TOUS me permettrez du moins de me présenter devant vous?

HORTENSE

Non, Monsieur : je vous prie au contraire, si j'ai quelque pouvoir sur vous, de ne point vous offrir à mes yeux, d'éviter ma présence autant qu'il vous sera possible.

Qu'entends-je? me prescrire de pareilles lois! Pensez-vous, Madame, aux idées qu'elles pourraient me donner? C'est presque me juger redoutable; c'est avouer que je puis avoir quelque influence sur votre repos.

HORTENSE

Je ne veux ni ne dois vous répondre. Je vous crois, Monsiem*, un homme d'honneur... et digne de la confiance que j'aie eue en vous. Quelles que soient les idées que vous attachiez à ces mots... partez... et ne me revoyez jamais.

LÉON, se jettant à ses pieds.

Ah! rien n'égale mon bonheur. Hortense, voilà tout ce que je demandais.

HORTENSE

Monsieur! que faites-vous? au nom du ciel!

338 LA KAITRESSJK AU LQGIS.

Page 1