‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 122 sur 446 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

ception de la société. U enlève les tableaux, la musique et le pupitre, arrange les tables de jeu, y place des flambeaux, des cartes, des jetons, etc.)

Enfin ^ d'après ce que j'ai entendu, il paraîtrait qu'il avait d'abord parié avec le capitaine qu'il vous prendrait vos besicles; et il les a rapportées en triomphe, en disant qu'il vous avait fait peur, et qu'il vous avait forcé de les ôter.

ARMAND

Morbleu ! il en a menti.

MADELEINE

C'est ce que je me suis répondu à moi-même, parce que certainement vous n'êtes pas homme à vous laisser insulter.

ARMAND

Non! parbleu! et je suis enchanté qu'il y ait du monde, parce que j'aurai le plaisir de lui donner authentiquement une paire de soufflets.

MADELEINE

A la bonne heure, ça sera bien fait.

ARMAND

Et ce ne sera pas long, courons, (s'arrêtant.) c'est-à-dire... Dieu! qu'allais-je faire? et ma promesse de tout à l'heure?

MADELEINE

Eh bien! qu'est-ce qui vous arrête? moi j'y allais déjà.

ARMAND

C'est que tu sens bien, devant ces dames, devant madame deSénange...

MADELEINE

Elle n'est pas encore au salon.

ARMAND, avec joie.

Elle n'y es pas, tu en es bien sûre? (il va pour sortir.) Profitons du moment. (s*arrètant.) Mais qu'importe, dans un instant elle l'apprendra, et je perds à la fois son amour, son estime et le bonheur qui m'était promis; fut-on jamais plus malheureux? Et le capitaine, que disait-il?

MADELEINE

u secouait la tête en disant à l'autre : a Monsieur, prenez c( garde; cela aura des suites. » A quoi l'autre répondait : t< Tant mieux, je ne les crains pas; et la preuve, c'est que je ft vais trouver mon adversaire. » Et alors il est sorti.

C'est étonnant; nous ne l'avons pas vu.

MAftEtEiNfi.

En le voyant partir, le capitaine a ajouté : « C'est bien, H a « raison d'y aller, parce que quelqu'un qui aurait l'air d'éviter (( une affaire ne sera jamais mon neveu. »

ARMAND

Dieu! si je ne me bats pas, l'oncle va me refuser son consentement : et si je me bats> la nièce ne me donnera jamais le sien; eh bien! elle aura tort, parce qu'enfin, puisqu'elle consent à m'épouser, le soin de mon honneur doit lui être cher ; un homme qui se laisserait insulter ne serait plus digne d'elle; oui, quand elle saura ce dont il s'agit, elle m'approuvera, elle me pardonnera; et décidément j'y vais, (n fait un pas

pour lortir, «t aperçoit madame de Sénange qui entre.)

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