SCÈNE V
MADAME DE ROSTANGE^ miaaudant.
Vous croyez? Enfin ^ mon cher voisin^ j'ai^ ce matin ^ des visites, des courses à faii*e, et si vous vouliez me prêter pour aujourd'hui votre voiture et vos gens...
M. DE SAINT-PIERRE
Quoi î vraiment, vous avez besoin, pour aujourd'hui... Comme c'est heureux ! Holà ! quelqu'un ! Que l'on mette les chevaux ! Je suis désolé de ne pas vous conduire moi-même; mais demain, si vous voulez... demain ! c'est possible !
MADAME DR ROSTANGE
Je vous reconnais à cette galanterie vraiment française.
M. DE SAINT-PIERRE
Vous n'avez donc pas votre remise ?
MADAME DE ROSTANGE
Non ; il n'est pas venu aujourd'hui, non plus que mes gens. Us sont tous d'une insolence... A les entendre, il faudrait toujours être la bourse à la main , et tous les mois arrêter bourgeoisement leur compte.
Air : Du partage de la richesse.
Je D*ai jamais, dans ma jeunesse.
Vu les laquais exiger de Targeot; Les miens, qui n'ont nulle délicatesse»
En demandent à chaque instant.
M. DE SAVNT-PIERRE.
Us demandent ?
MADAME DE ROSTANGE
Oui, sur mon àme.
M. DE SAINT-PIBRRE.
On ne saurait les eo gronder.
Surtout dans ce siècle^ Madame, Où tant de gens prennent sans demander.
MADAME DE ROSTANGE
N'importe, je leur ai appiis à vivre.
M. DE SAINT-PIERRE, à part.
En les faisant mourir de faim. Âh ! elle est fière et paye mal. C'est bon à savoir. (Haut.) Voulez-vous permettre. Madame ? Je
crois que votre voiture est prête, (a la reconduit jusqu'à la porte.)
Encore une à qui je donne congé. Nous ne ferons pas affaire ensemble.
318 UN DERNIER JOUR pE FORTUNE.
8CÈNE VI. M. PE SAINT-PIERRE, éeai.
Ai-je bien fait d'aller aux informations ! DeUï jolies conditions que j'aurais eues là. Voyons donc^ avant tout^ à bien arrêter mon plan, et à lixer les conditions nécessaires dans un maître. D'abord, qu'il soit ricbe, c'est indispensable; secundo, qu'il soit jeune : les vieillards sont trop exigeants; tertioy qu'il ait une placé, parce que ces maîtres qui n'ont rien à aire donnent trop d'occupation à leur domestique : ils sont toujours chez eux. à sur'veiller; quarto^ enfin, qu'il soit marié, parce que chez les garçons on a trop de mal : les duels, les créanciers, les amis intimes; sans compter le chapitre des intrigues à parties doubles. C'est à ue p^ y tenir. Tout cela est très-difficile ^ rencontrer. Heip ! qui vi^pt là?