‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 153 sur 446 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MADAME DE ROSTANGE^ miaaudant.

Vous croyez? Enfin ^ mon cher voisin^ j'ai^ ce matin ^ des visites, des courses à faii*e, et si vous vouliez me prêter pour aujourd'hui votre voiture et vos gens...

M. DE SAINT-PIERRE

Quoi î vraiment, vous avez besoin, pour aujourd'hui... Comme c'est heureux ! Holà ! quelqu'un ! Que l'on mette les chevaux ! Je suis désolé de ne pas vous conduire moi-même; mais demain, si vous voulez... demain ! c'est possible !

MADAME DR ROSTANGE

Je vous reconnais à cette galanterie vraiment française.

M. DE SAINT-PIERRE

Vous n'avez donc pas votre remise ?

MADAME DE ROSTANGE

Non ; il n'est pas venu aujourd'hui, non plus que mes gens. Us sont tous d'une insolence... A les entendre, il faudrait toujours être la bourse à la main , et tous les mois arrêter bourgeoisement leur compte.

Air : Du partage de la richesse.

Je D*ai jamais, dans ma jeunesse.

Vu les laquais exiger de Targeot; Les miens, qui n'ont nulle délicatesse»

En demandent à chaque instant.

M. DE SAVNT-PIERRE.

Us demandent ?

MADAME DE ROSTANGE

Oui, sur mon àme.

M. DE SAINT-PIBRRE.

On ne saurait les eo gronder.

Surtout dans ce siècle^ Madame, Où tant de gens prennent sans demander.

MADAME DE ROSTANGE

N'importe, je leur ai appiis à vivre.

M. DE SAINT-PIERRE, à part.

En les faisant mourir de faim. Âh ! elle est fière et paye mal. C'est bon à savoir. (Haut.) Voulez-vous permettre. Madame ? Je

crois que votre voiture est prête, (a la reconduit jusqu'à la porte.)

Encore une à qui je donne congé. Nous ne ferons pas affaire ensemble.

318 UN DERNIER JOUR pE FORTUNE.

8CÈNE VI. M. PE SAINT-PIERRE, éeai.

Ai-je bien fait d'aller aux informations ! DeUï jolies conditions que j'aurais eues là. Voyons donc^ avant tout^ à bien arrêter mon plan, et à lixer les conditions nécessaires dans un maître. D'abord, qu'il soit ricbe, c'est indispensable; secundo, qu'il soit jeune : les vieillards sont trop exigeants; tertioy qu'il ait une placé, parce que ces maîtres qui n'ont rien à aire donnent trop d'occupation à leur domestique : ils sont toujours chez eux. à sur'veiller; quarto^ enfin, qu'il soit marié, parce que chez les garçons on a trop de mal : les duels, les créanciers, les amis intimes; sans compter le chapitre des intrigues à parties doubles. C'est à ue p^ y tenir. Tout cela est très-difficile ^ rencontrer. Heip ! qui vi^pt là?

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