SCÈNE IX
M. DE SAINT-PIEkJRE, EDMOND.
M. DE SAINT-HerRE^ qu! a achevé sa lettre.
Ah çà ! pendant qu'on atlelle, nousl avons qUelqUes minutes à nous. Causons un peu de nos afi^ires! Jusqu'ici^ cela se présente bien, (comptant sur ses doigts.) Yingt-liuit ans... Un charmant caractère 9 cinquante mille liVtes de rente, cela (;ommence à prendre tournure ; mais bêla ne isuil&t pas ! . . . Étes-lrbus marié?
EDMOND
Non, Monsieur.
M. DE SAINT-PIERRE
Tant pis... Il faut voufe marier, ça m'est rtëcessaire...
Eb^ÂOKb^ 'ëtoniié.
Comment!...
M. DE SAINT-PIERRE
C'est nécessaire au plan dis bonheur que j'ai formé pour vous, et je vous marierai... (à part.) C'est une des conditions sine quâ non .
EDMOND
Comment ai-je pu mériter cette généreuse protection?
M. DE SAINT-PIERRR, sans Téeouter.
Voyons, qui vais-je lui donner?... C'est très-difficile!... Vous ne seriez pas amoureux ipar hasard?... ça nous aiderait un peu.
EbMOND^ à part.
Grands dieux ! (Haut.) Après ce que je vous dois, Monsieur, je ne sais comment vous avouer que j'aime Élise de Rostange, et que la crainte de vous avoir pout rival...
M. DE SAINT-PIERRE
Moi, votre rival!... On me l'avait proposée en mariage, c'est vrai... Mais dès qu'elle vous convient...
EDMOND
Je ne puis en revenir encore... Quoi! malgré sa mère qui me refuse...
M. DE SAINT-PIERRE
Elle consentira* Encourager des inclinations mutuelle
324 UN DËRNIKR iUUR DE FORTUNE.
chir des parents, unir des enfants... c'est de mon emploi, et cela va m'y remettre, pourvu toutefois que vous me répondiez du caractère de la prétendue; car pour moi, c'est le principal.
EDMOND
C'est la bonté, la douceur même.
M. DE SAINT-PIERRE
Elle n'a pas de caprices?
EDMOND
Jamais.
Elle ne fait pas de scènes à ses gens?
EDMOND
Quelle idée!
M. DE SAINT-PIERRE
Je vous demande cela... ce n'est pas pour moi, c'est poiu* cette pauvre Cécile, une petite fille charmante que je compte vous présenter comme femme de chambre.
Air : Qu*il est flatteur d'épouser celle.
Parlez, commandez, je vous prie; Pouvoir vous payer de retour Est le seul espoir de ma vie.
Oui, Monsieur, croyez dès ce jour  moD respect, à ma tendresse; Car je veux, je le dis tout haut, A vos ordres être sans cesse.
M. DE SAINT-PIERRE, à part.
Voilà le maître qu'il me faut.