‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 184 sur 446 · GUSTAVE, AGATHE · texte numérisé non relu

GUSTAVE, AGATHE

AGATHE

Quoi ! Monsieur, vous êtes encore au salon? vous nous aviez quittées pour faire de la musique^ et n'entendant point le piano, je vous croyais sorti.

GUSTAVE

Non, je n*avais pas encore commencé, (a part.) Dieu ! que c'est gênant que mon oncle soit là !

Eh bien ! voulez-vous que nous essayons ensemble ce dernier duo d'Auber!

GUSTAVE

Si vous l'exigez, Madame, je suis à vos ordres ; j'ai tant de choses à vous dire !

AGATHE

A moi? (GourTille sort du cabinet, et se tient Axai le fond de Tappartement, où il entend la contersation.)

GUSTAVE

Oui, je veux vous parler du sujet -qui m'intéresse le plus au monde, et duquel dépend mon bonheur. Vous vous doutez bien. Madame, qu'il s'agit de vous.

AGATHE

Je croyais que vous m'aviez promis tout à l'heure de garder sur ce chapitre-là le silence le plus absolu.

GUSTAVE

Je vous le demande, est-ce possible? oui, Madame, parlez, exigez des preuves, des sacrifices. Vous prétendez que j'aime le monde; je l'abandonne pour vous, je renonce à Paris, à

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tous ses plaisirs. Les lieux que vous habitez seront désormais les seuls qui puissent me plaire^ vos goûts seront les miens, vos ordres seront ma loi suprême; et, pour prix de ma tendresse, je ne vous demande qu'une chose.

AGATHE

Et c'est?

De m'assurer que mon amour ne vous est pas indifiérent.

AGATHE

En vérité, je Tignore; mais quand je le saurai, je vôiis promets de vous le dire.

bUSTAVE.

En attendant, puis-je espérer que vous ne répondrez pas à la demande de mariage que Ton vous a adressée ce matin?

AGATHE

l'ai déjà répondu, ma lettre est écrite.

GUSTAVE

Et vous l'enverrez?

AGATHE, Boariant.

Peut-êti'e) tenez, elle est là-haut, dans mon appartement, sur mon bureau; allez la chercher^ et tioUs vendons ce <}u'il faut en faire.

GUStAVE, lui baisant la main.

Ah! que je suis heureux! (ll entre dans rappartement à droite.)

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