GUSTAVE, AGATHE
AGATHE
Quoi ! Monsieur, vous êtes encore au salon? vous nous aviez quittées pour faire de la musique^ et n'entendant point le piano, je vous croyais sorti.
GUSTAVE
Non, je n*avais pas encore commencé, (a part.) Dieu ! que c'est gênant que mon oncle soit là !
Eh bien ! voulez-vous que nous essayons ensemble ce dernier duo d'Auber!
GUSTAVE
Si vous l'exigez, Madame, je suis à vos ordres ; j'ai tant de choses à vous dire !
AGATHE
A moi? (GourTille sort du cabinet, et se tient Axai le fond de Tappartement, où il entend la contersation.)
GUSTAVE
Oui, je veux vous parler du sujet -qui m'intéresse le plus au monde, et duquel dépend mon bonheur. Vous vous doutez bien. Madame, qu'il s'agit de vous.
AGATHE
Je croyais que vous m'aviez promis tout à l'heure de garder sur ce chapitre-là le silence le plus absolu.
GUSTAVE
Je vous le demande, est-ce possible? oui, Madame, parlez, exigez des preuves, des sacrifices. Vous prétendez que j'aime le monde; je l'abandonne pour vous, je renonce à Paris, à
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tous ses plaisirs. Les lieux que vous habitez seront désormais les seuls qui puissent me plaire^ vos goûts seront les miens, vos ordres seront ma loi suprême; et, pour prix de ma tendresse, je ne vous demande qu'une chose.
AGATHE
Et c'est?
De m'assurer que mon amour ne vous est pas indifiérent.
AGATHE
En vérité, je Tignore; mais quand je le saurai, je vôiis promets de vous le dire.
bUSTAVE.
En attendant, puis-je espérer que vous ne répondrez pas à la demande de mariage que Ton vous a adressée ce matin?
AGATHE
l'ai déjà répondu, ma lettre est écrite.
GUSTAVE
Et vous l'enverrez?
AGATHE, Boariant.
Peut-êti'e) tenez, elle est là-haut, dans mon appartement, sur mon bureau; allez la chercher^ et tioUs vendons ce <}u'il faut en faire.
GUStAVE, lui baisant la main.
Ah! que je suis heureux! (ll entre dans rappartement à droite.)