SCÈNE XIV
GUSTAVE
C'est égal^ mon oncle^ je veux la revoir.
GOURVILLE
Et moi, je ne le soufifrirai pas; et si tu as totalement perdu la raison, j*en aurai pour nous deux. Qu'est-ce que cela signifie? aller encore t'exposer à ses railleries, à ses mépris; te rendre la iable de toute la société ! Allons donc, mon cher, de la fierté, du courage.
GUSTAVE
Oui, mon oncle; oui mon bon oncle, je sens que vous me parlez en ami, en ami véritable. Tenez, faites de moi tout ce que vous voudrez; je me laisse conduire par vous; car, dans ce moment, je ne suis pas en état de remplir un parti.
GOURVILLE
A la bonne heure. Eh bien ! il faut retourner à Parts.
GUSTAVE
Gomment! m'éloigner d'elle?
GOURVILLE
Ne vas-tu pas recommencer?
Non, mon oncle, non, je vous le promets; et demain ou après-demain au plus tard...
GOURVILLE
Non pas , mais à l'instant même.
GUSTAVE
Et comment voulez-vous que je parte ainsi à l'improviste , quand rien n'est disposé?
GOURVILLE
Cène sera pas long. Holà! quelqu'un ! (Lafleur entre.) Lafleur,
entre vite dans cet appartement, (ll désigne la porte d'une chambre
à droite.) et fait, en cinq minutes, les malles et les paquets de
mon neveu. Je t'aiderai s'il le faut. (Lafleur entre dans la chambre de GuBtaTe.)
GUSTAVE
Mais une voiture?
GOURVILLE
N'ai-je pas-ici une berline? je te la prêterai; n'ai-je pas mes gens? ils sont à ton service; crois, mon ami, que dès qu'il s'agit de ton repos et de ta tranquillité... Je ne te dis que cela, tu dois me connaître.
30 l'héritière.
GUSTAVE
Oui, mon oncle, mon excellent oncle; t'est ûkfik tteâ tndments comme ceux-là qu'on est heureux d'avoir des parents.
(S*aifleyftut prèi de la table et écrivant.)
Eh bien ! que fais-tu donc?
GUSTAVE
Je lui écris, mon oncle.
GOURVILLE
Qu'est-ce que tu peux lui dire?
GUSTAVE
Je n'en sais rien , mais je lui écris.
GOURVILLE
Et à quoi bon? pour essuyer de nouveaux refus? Car apprends tout ce que j'ai fait auprès d'elle en ta faVeur; je voulais vous marier ensemble.
GUSTAVE, se relevapt.
Il se pourrait?
GOURVILLE
C'était ma seule idée, mon seul but ; mais tous mes efforts ont été inutiles. Ainsi, je te le répète, nous n'avons plus rien à faire ici ; pour notre honneur, il faut partir. Voici justement Lafleur avec tous tes efiets. (Lafleur sort de la chambre de Gustave , et porte quelques paquets.) Eh bien ! et le chapeaU ^ 6t ICS
gants de mon neveu?
LAFLEUR
C'est qUe j'allais d'abord porter ces paquets.
GOURVILLE, lespreaant.
Donnez, donnez, je m'en charge; je vais les faire placer sur la voiture, en même temps j'envoie chercher les chevaux; la poste est à cent pas d'ici, et dans dix minutes tu seras... nous serons sur la grande route, car je t'accompagnerai jusqu'à l'autre poste, pour plus de sûreté, (n sort.)