‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 193 sur 446 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

tendresse est partagée, j*cn mourrai, je crois, d'amour et de bonheur.

Laissea^moi; espérez-vous me tromper encore?

GUSTAVE

Moi ! jamais. Je vous dois la vérité.

Air de Céline.

Blessé de voire indifférence,

Irrité de votre rigueur.

J'avais d'abord, dans ma vengeance.

Juré de dompter votre cœur :

Oui, je voulais yûus séduire et vous plaire. Oui, je voulais un triomphe complet.

Et tout ce que je voulais faire.

Sans le vouloir vous Tavez fait.

AGATHE

Ah! dois-je vous croire?

GUSTAVE

Oui, jamais d^autre pensée n'est entrée dans mon âme; et pour vous le prouver, soyez ma femme, ma compagne, mon amiQ : daignez accepter ma main.

AGATHE

Qui? vous, mon mari! Vous ignorez donc. Monsieur, que je n'ai presque rien, que la fortune que j'attends est au moins incertaine : et vous... seul héritier d'un oncle aussi riche, vous qui avez de si belles espérances,

GUSTAVE

Ah ! que je suis heureux ! il est donc un sacrifice que je puis vous faire, une preuve d'amour que je peux vous donner.

Mais votre oncle daignera-t-il y consentir?

GUSTAVE

Sans hésiter; il voulait d'abord nous marier, et il n'y a renoncé que parce qu'il a cru que vous ne m'aimiez pas.

AGATHE

Lui , au contraire : il voulait nous unir, et il n'a changé d'idée que parce qu'il a cru que vous me trompiez.

GUSTAVE

Il était comme nous, il était dans l'erreur.

AGATHE

Il s'ahusait sur nos véritables sentiments.

Page 1