LE VIEUX GARÇON ET LA PETITE TILLE
a pas d'exemple d'une pareille gourmandise. Est-ce que tout à l'heure tu n'as pas cueilli des j^hes?
THÉODORE
Oh! trois ou quatre; pour les prunes, je n'ai pas compté; mais pour les abricots je n'ai pas pu en manger beaucoup, parce qu'ils, étaient trop haut, et que pour en abattre il fallait jeter de grosses pierres.
DUBOCAGE
Ah! mon Dieu, des pierres! et ma melonnière qui est dessous, mes cloches de verre bleu et mes vases du Japon!
THÉODORE, riant niaiflement.
Dame! tout cela a été brisé, puisque je m'en ai fait des castagnettes.
DUBOCAGE
Et tu m'annonces cela avec une tranquillité... Est-il possible d'être plus béte que cet enfant-là! Où sont tes frères? amèneles-moi tout de suite; car s'ils lui ressemblent, ils feront quelques sottises.
THÉODORE
Que je vous les amène?
DUBOCAGE
Oui. Ils doivent être dans mon parc, et je veux les voir tous ensemble.
THÉODORE
C'est que je n'aime pas beaucoup à courir.
DUBOCAGE
Eh bien ! il faut t'y habituer : cela te fera du bien, cela te fera digérer.
THÉODORE, mettant la main à 'son ettomac
Oh! je digère bien sans cela. Ah! la... la... la... dites donc mon oncle; ah! la... la... la... Dieu, que ça fait mal!..
DUBOCAGE
Eh bien! qu'as-tu donc?
THÉODORE, pleurant en faisant des contorsions.
Je n'en sais rien, mais je suis malade.
DUBOCAGE
Mais qu'est-ce que tu éprouves?
THÉODORE
Est-ce que je sais? puisque je suis malade, c'est fini, je vais mourir; ah! mon Dieu, je vais mourir.
90 LE VIEUX GARÇON C¥ liA. PETITE FILLE.