VICTOR, AUGUSTE, CAMILLE
TICTOR.
Il a perdu la tête; et je tremble pour les ordonnances qu'il va écrire!
AUGUSTE
Laisse-le faire, et imite-nous; nous ne sommes pas comme toi, nous ne sommes pas fiers; ton argent, c'est le nôtre; et nous en usons sans t'en demander la permission.
VICTOR
Mon argent?
CAMILLE
Eh oui, M. Ducros, notre propriétaire , ce riche bonnetier, avait besoin d'une enseigne, et il nous la paie cinq cents * francs.
VICTOR
Moi, une enseigne! j'irais me déshonorer et avilir mes pinceaux!
AUGUSTE
A qui en a-t-il donc? tout le monde a commencé par là; moi qui te parle, j'ai bien fait des contredanses, et, s'il le fallait, j'bais les jouer; eu avant deux, chassez, croisez, et la queue du chat.
VICTOR
Tu as raison, c'est peut-être un amour-propre, une fierté déplacée, mais avec cette idée-là, ce serait plus fort que moi, il me serait impossible de rien faire.
AUGUSTE, passant à sa droite.
Eh bien! on ne te demande rien, c'est déjà fait : regarde ton tableau d'ÉUsabeth; nous l'avons vendu cinq cents francs; dans l'instant on va nous les apporter.
VICTOR
Quoi! ce tableau? ah! mon ami, il est dit que le malheur me poursuivra toujours ; je l'ai vendu ce matin soixante francs à un brocanteur.
AUGUSTE
lise pourrait...
CAMILLE
Ahl mon Dieu, nous voilà ruinés.