‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 236 sur 446 · VICTOR, AUGUSTE, CAMILLE · texte numérisé non relu

VICTOR, AUGUSTE, CAMILLE

TICTOR.

Il a perdu la tête; et je tremble pour les ordonnances qu'il va écrire!

AUGUSTE

Laisse-le faire, et imite-nous; nous ne sommes pas comme toi, nous ne sommes pas fiers; ton argent, c'est le nôtre; et nous en usons sans t'en demander la permission.

VICTOR

Mon argent?

CAMILLE

Eh oui, M. Ducros, notre propriétaire , ce riche bonnetier, avait besoin d'une enseigne, et il nous la paie cinq cents * francs.

VICTOR

Moi, une enseigne! j'irais me déshonorer et avilir mes pinceaux!

AUGUSTE

A qui en a-t-il donc? tout le monde a commencé par là; moi qui te parle, j'ai bien fait des contredanses, et, s'il le fallait, j'bais les jouer; eu avant deux, chassez, croisez, et la queue du chat.

VICTOR

Tu as raison, c'est peut-être un amour-propre, une fierté déplacée, mais avec cette idée-là, ce serait plus fort que moi, il me serait impossible de rien faire.

AUGUSTE, passant à sa droite.

Eh bien! on ne te demande rien, c'est déjà fait : regarde ton tableau d'ÉUsabeth; nous l'avons vendu cinq cents francs; dans l'instant on va nous les apporter.

VICTOR

Quoi! ce tableau? ah! mon ami, il est dit que le malheur me poursuivra toujours ; je l'ai vendu ce matin soixante francs à un brocanteur.

AUGUSTE

lise pourrait...

CAMILLE

Ahl mon Dieu, nous voilà ruinés.

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