‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 265 sur 446 · SCÈNE vni · texte numérisé non relu

SCÈNE vni

.URSULE^ affectant rinsouciance.

Vous trouvez? c'est sitiguliér! Je ne sais pas, moi, je ne l'aimerais i$8lèl)ëaucbup; mais oiï ne péuf pas disputer' dés goûts.

4ULIËTTE.

Permettez, je ne dis pas du tout que ce soit un phénix.

HÀLVmA.

Ni moi non -plus.

tJASULE.

A la bonne heure; car vous. Mesdemoiselles, qui d'ordinaire avez tant de jugement...

JULIETTE

D'abord, son éducation a ëté très-négligée ; il ne sait pas une note de musique.

MALYINÂ.

Et n'a jamais dansé par princl{)es.

^uLmrrfe.

Souvent même il vous marche sur les pieds.

URSULE, riant.

Je dois convenir en effet que sa danse n'est pas très-romantique ; (Sérieusement.) et puis, cc u'est pas poûr cti difc du mal, car ce n'est pas sa faute, mais enfin il n'a aucune fortune.

MALVINA

C'est vrai; je ne pensais pas à cela; et puisqu'il est question de lui, j'ai envie de voiï^ faire une confidence et de vous demande!* Uh conseil. *

URSULE

Ehî mon Dieu! qu'est-ce donc?

■■ * ' MALVthA.

Apprenez, comme je suis l'aînée, que mon père m'a dit tout à l'heure de bien examiner si j'aimais M. Léon, parce que si je n'en veux pas pour iriari, on le donnera à ma sœur.

JULIETTE

Eh bien! voilà qui est aimable. Je vous préviens, ma chère, que vous pouvez le gardej^ : je fa*eh veux pas.

Eh bienj Mademoiselle, ni moi non plus. D'ailleurs, je crois qtie M. Augilkte, un jeune notaire, më fait la cour, é\ qu'il a des intentions.

JULIETTE

Raison de plus; si ma sœur fait un beau mariage, si elle

124 LA HAINE d'une FSMME.

épouse M. Auguste, qui a de la fortune, à coup sûr, je n'épouserai pas M. Léon, qui u'a rien : ça serait dédioir.

Air de l'Écu de six francê.

Ma sœur aurait un équipage Et brillerait par ses atours; Loin de souffrir un tel partage, Au célibat Youant mes jours.

J'aimerais mieux que, pour toujours.

Chacune de nous restât fille.

MALVINA, effrayée.

Quoi ! rester filles toutes deux.

JULIETTE

Oui, vraiment... si c'est ennuyeux.

Du moins on s'ennuie en famille.

Je m'en rapporte à Madame.

. MALYINA.

Et moi aussi.

URSULE

Dès qu'il s'agit d'un sujet aussi important, je n'ai point de conseils à vous donner.

JULIETTE

C'est égal, je suis sûre que vous êtes de mon avis, car je me rappelle, la manière dont vous me parliez de M. Léon.

MALVINA

Eh ! mon Dieu! ma sœur, je l'aperçois dans la grande allée; il vient de ce côté : jo ne veux pas qu'il me voie.

URSULE

Ni moi non plus. Faites comme vous Tentendrez; je n'y suis

pour lien. (Malvina sort par le fond, et Ursule par la porte à gauche.)

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