‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 339 sur 446 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

ma fiUe^ je suis seule ici; tu peux y venir achever ta toilette.

ANT0N1NE y allant ge placer devant la glace.

Si vous saviez 9 maman y combien je suis malheureuse ? mon | voile ne va pas bien du tout; il fait trop de plis.^.

ESTELLE

Nous faisons cependant notre possible.

ANTONINE

J'ai envie de n'en pas mettre.

MADAME DE SAINT-ANDRÉ ^ arraDgeant le Toile.

Impossible^ le voile est indispensable ; c'est l'emblème de l'innocence, de la modestie, qui convient à une jeune personne... A propos, ton mari sort d'ici.

ANTONINE, sans Técouter.

Ah ! je crois qu'il faudrait une épingle.

MADAME DE SAINT-ANDRÉ

11 était désolé de ne pas te voir, et si tu avais été témoin de sa colère, de son impatience...

ANTONINE, sans l*éooQter.

Dis donc, ma sœur, je crois que ma ceinture ne me serre pas assez la taille.

ESTELLE

Attends, je vais voir; regardez donc, maman^ comme ma sœur est bien.

ANTONINE

Ge n'est pas sans peine.

MADAME DE SAINT-ANDRÉ, tout en arrangeant sa toilette.

Je n'ai pas besoin, ma chère amie, de te tracer la conduite que tu auras à suivre aujourd'hui : un air affable et attendri avec nos amis et nos parents, un maintien modeste et réservé avec ton mari ; si cependant tu peux y metti*e une nuance d'affection, cela ne sera pas mal; mais c'est comme tu voudras, pai'ce que quelquefois la froideur sied bien à une jeune mariée; c'^st meilleur ton.

ANTONINE

Oui, maman.

MADAME DE SAINT-ANDRÉ

Si par hasard; et comme cela arrive un jour de noce, quelques personnes t'adressaient des plaisanteries qui ne fussent pas convenables , ne t'avise pas de rougir et de baisser les yeux ; c'est une grande imprudence , parce qu'on a l'air de

comprendre; regarde-les au contraire d'un air étonq^: cela ^ décontferte sur-ie-chainp les mauvius piàisanis, et leur donne la meilleure opinion d'une jeune personne.

ANTONINE

Ah ! tnamâii^ c'est toujours ce que je fais*

Madame de saint-Àndré.

Cette chère enfant!... du reste, j'ai étudié le caractère de ton mari; c'est par la douceur qu'il faudra. lé prendre, tu en feras œ que tu voudras avec lés moindres prévenançf^, c'est bien facile.

ÀNtÔNÉNE.

Oh! oui; mais vous^, màihan^ quelle manière àve^-vous prise avec mon père?

MADAME DE SAINT-ANDRÉ^ baissant la Toix à cause d*E8te11e qui est occupée

à regarder la corbeille.

Mauvaise^ les attaques dé nerfs.

ANTOMNÊ.

Cômméntt

MADAME DÉ SÀfNT-ANDRË.

Moyen très-fatiguant ^u'on ne peut guère employer que tous les deux jours.

Air : Femmes, voulet'^ous éprouver.

Les nerfs D*ODt jamais profité Qu*aux gens d'une faiblesse extrême ; J*ai par malheur une santé Peu favorable à ce système ; Mon époux d'abord affecté^ Rien qu'en me voyant se rassure.

ANTONINE

Moi, je 9'ai pas votre santé , Et j'en rends grâce à la nature.

MADAME DE -SAlNT-ANlifiÉ.

Mslis viens^ passons au salon.

AKTONINE.

Vous ne sauriez croire ce qu'il m'en coûte d'aller recevoir tantde félicitations à la fois, et puis il y a petit-être deS personnes qui ne sont pas encore àrrlvéeé.

MADAME DE SAlNT-ANblîlS.

C'est juste, je vais voir auparavant si tout le motidey est, afin que ton entrée fasse plus d'efiet.

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