SCÈNE III
FRÉDÉRIC , seul.
U est donc vrai! il n'y a plus de doute; et j'aurai fait deux cents lieues pour aniver au moment où la perfide s'unit à uq autre. M. de Saint-André m'avait bien écrit que sa lille aînée allait épouser, à la fin du mois, M. Bonnemain, un receveur général.
Air : Depuis longtemps j'aimais Adéie»
A cette funeste nouveUe Dont mon cœur, hélas ! a frémi.
Pour réclamer la main d'Estelle, J'ai tout quitté, je suis parti.
Mais, malgré ma course rapide.
Pour arrîTer j'aurai mis plus de temps Qu'il n'en fallut à la perfide Pour oublier tous ses serments.
Et dans quel moment viens-je d'apprendre sa trahison? lorsque la fortune me souriait, lorsqu'un opulent héritage me permettait de rendre heureuse celle que j'aimais. Amour, richesses, j'apportais tout à ses pieds : et je la trouve au pouvoir d'un autre, elle qui avait juré de m'aimer toujours, de résister même aux ordres de sa famille. Mais que dis-je? peutêtre a-t-elle été contrainte; peut-être la violence seule a pu la décider! Ah! s'il en est aiqsi! Je trouverais bien encore le moyen de la soustraire à mon rival ; il a dû recevoir deux lettres de moi; et puisqu'il n'en a tenu compte, aujourd'hui même, sa vie ou la mienne... Qui vient là ? modérons-nous^ et tâchons de savoir la vérité.