‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 371 sur 446 · SCÈNE iih · texte numérisé non relu

SCÈNE iih

Qui depuis ce moment

Répand La ]ole eu nos familles; Car nous avons en magasins Plus de bonnes aiguilles Que de bons médecins.

DELMAR

Les jeunes ouvrières.

Les jeunes couturières Ont remplacé la Faculté;

Ces novices gentilles, Voni, en servant Thumanité,

Avec un cent d'aiguilles,

Nous rendre la santé.

RONDON.

Je te prends ce trait-là pour moti jotifnal, dâf je parle de tout dans mon journal; mais je ne me CQnnais pas beaucoup en médecine ; et si Monsieur veut ilié donner deiit ou trois articles tout faits... " ' "

RÉMT.

Y pensez-vous! Employer de pareils Moyens, ce serait inâl, ^ ce serait du charlatanisme. ^

DELMAR

Raison de plus.

RONDON.

Du charlatanisme! mais tout le moude eu usé à Pdris; c'est approuvé, c'est reçu, c'est la monnaie com'ante.

DELMAR

Témoin nptte dernier succès.

D'abord la représentation était au bénéfice d'un acteur, qui » 1* se retirait définitivement pour la quatrième fois. • '

DELMAR

Depuis un mois, les journaux annoUçaient qu'il n'y avait plus de places, que tout était loué. "

RONDON.

Et la composition du spectacle !

DELMAR

Et celle du parterre ! je ne t'en parle pas; mais il ne faut pas croire que nous soyons les seuls. Dans tous les états, dans toutes les classes, on ne voit que charlatanisme.

RONDON.

Le marchand affiche une cessation de commerce qui n'arrive jamais.

DELMAR

Le libraire publie la troisième édition d'un ouvrage avant la première.

RONDON.

Le ehanteiu* fait annoncer qu'ii est enrhumé, pour exciter l'indulgence. Charlatans! charlatans! tout ici-bas n'est que charlatans.

* ' DELMAR

Je ne te parle pas des compères,

RONDON.

Nous serons les vôtres. Je vous ofire mes services et mon journal^ car moi je suis bon enfant.

RÉHT.

Je vous remercie, Messieurs, mais j'ai aussi mon système, et je suis persuadé que, sans intrigue, sans prôneurs^ sans charlatanisme, le véritable mérite liait toujours par se faire connaître et acquérif une gloire solide et plus durable.

DELMAR

J Oui, une gloire posthume : essaie, et tu m'en diras des nou-

\velles.

RÉMY

Adieu, je vais faire quelques visites.

DELMAR, le retenant.

Mais, écoute donc.

RÉMT.

Si les personnes que j'attends arrivaient pendant mon absence, ehai*ge-toi de les recevoir et de leur montrei* leur appartement.

DELMAR

Air : En attetidant que le punch se présente.

Quand, par nos soins, notre appui tutélaire.

Tu peux marcher à la célébrité ;

Quand des honneurs nous t'ouvrons la carrière.

Tu vas languir dans ton obscurité !

Songe à l'amour que ton cœur abandonne!

Songe à la gloire...

RÉMY

On doit en être épris

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